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Uber a écopé d'une énorme amende en Europe pour avoir laissé des algorithmes décider seuls du sort de ses chauffeurs
La compagnie Uber a reçu la deuxième plus grosse amende de son histoire, 825 millions d'euros, infligée aux Pays-Bas, avec la coopération de la CNIL, gendarme français des données. Elle sanctionne des décisions automatisées ayant conduit à la déconnexion de chauffeurs sans aucune intervention humaine.
La décision prise il y a quelques jours par l'autorité néerlandaise de protection des données, qui est historique par son ampleur, découlait d'une plainte déposée en 2020 par la Ligue des droits de l'Homme auprès de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), au nom de plus de 170 chauffeurs Uber qui voyaient leurs comptes bloqués du jour au lendemain. Depuis, l'affaire s'est transformée en feuilleton judiciaire, ponctué de deux amendes déjà distribuées ces dernières années. Mais cette fois, c'était un mécanisme bien précis qui était visé, celui qui permet à Uber de suspendre ou fermer un compte chauffeur automatiquement, sans qu'aucun salarié de l'entreprise n'ait besoin de valider la décision. Le gendarme des données français en a dit davantage ce lundi 24 août 2026.
L'affaire a finalement été tranchée par l'autorité néerlandaise de protection des données, homologue de la CNIL, puisque c'est aux Pays-Bas qu'Uber a fixé son établissement principal en Europe, via sa société Uber B.V. basée à Amsterdam. L'autre entité visée par la sanction, Uber Technologies Inc., est quant à elle installée à San Francisco. Ce n'est pas une première en tout cas, car après les 10 millions d'euros infligés le 11 décembre 2023 pour un défaut d'information des chauffeurs, puis les 290 millions le 22 juillet 2024 pour des transferts de données hors de l'Union européenne, la facture totale du dossier Uber dépasse désormais le milliard d'euros.
Les autorités reprochent à Uber d'avoir laissé un algorithme désactiver seul des comptes de chauffeurs VTC, sans jamais faire intervenir d'humain dans la décision. On retrouve deux cas de figure dans le viseur : en cas de soupçon de fraude, le compte est bloqué temporairement ; et en cas de mauvaise note laissée par les clients, il peut l'être temporairement, mais aussi définitivement. Dans les deux cas, personne chez Uber ne relit le dossier avant que l'accès à l'application ne soit coupé, une coupure qui prive aussitôt le chauffeur de tout revenu.
C'est justement ce que l'article 22 du RGPD interdit. Une machine ne peut pas prendre seule une décision qui a de lourdes conséquences sur la vie d'une personne, sans qu'un humain ne puisse intervenir ou l'expliquer. Or, couper l'accès d'un chauffeur à l'application du jour au lendemain, c'est aussi le priver de son revenu, souvent sans qu'il sache vraiment pourquoi. Pour les régulateurs, ce cas de figure correspond bien à ce que le texte européen cherche à empêcher.
Bien que ce soit l'autorité néerlandaise qui ait mené l'enquête, la CNIL n'est pas restée simple spectatrice. Elle indique avoir activement participé aux contrôles, à l'analyse des preuves, puis à la relecture du projet de décision dans le cadre du fameux mécanisme du guichet unique européen. Elle a également tenu informés les plaignants tout au long de la procédure, comme l'exige le RGPD.
Car comme nous le disions en intro un peu plus haut, tout est parti d'une plainte déposée en 2020 par la Ligue des droits de l'Homme, plainte soutenue par plus de 170 chauffeurs, puis complétée l'année suivante. Elle dénonçait pêle-mêle un défaut d'information, des transferts de données hors Union européenne et ces fameuses déconnexions automatiques, trois volets que les régulateurs ont traités les uns après les autres.
Avec cette troisième sanction dans le dossier des algorithmes liés aux chauffeurs, la plus lourde des trois prononcées contre Uber depuis 2023, il y a évidemment le cumul des amendes, mais il y a aussi le signal, qu'il faut interpréter. Les autorités protectrices des données personnelles des consommateurs veulent faire comprendre à toute l'économie des plateformes que les algo