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Actualité : Le ciel va s'illuminer : comment observer la pluie d'étoiles filantes la plus capricieuse de l’année
Moins célèbres que les Perséides d’août, les Bootides traversent notre ciel en cette fin juin. Entre sursauts spectaculaires et calme plat, voici comment observer ce phénomène céleste, qui a la particularité de se produire autour d'une étoile géante d'origine extragalactique.
© Généré par Brice Haziza sur Banana - Pluie d'étoiles filantes des Bootides avec sa remarquable étoile géante extragalactique.
Les pluies d'étoiles filantes sont souvent associées à l'été dans notre esprit, bien qu'il y en ait tout le reste de l'année. Et justement, celle des Bootides marque le passage à la saison estivale. C'est aussi la plus capricieuse de toutes. Suivant les années, on peut observer jusqu'à 100 météores par heure comme en 1998, mais le plus souvent, on n'en compte qu’un ou deux. Cette “averse spatiale” débute le 22 juin et s'étend jusqu'au 2 juillet avec un pic attendu autour du 27 juin. Seul bémol, ce pic correspond à la pleine lune, dont la lumière sera un handicap pour l'observation de ces visiteuses fugitives.
Pour l’observation, l’hémisphère nord est particulièrement privilégié. Le radiant, point de la voûte céleste d’où semblent provenir les météores, se situe dans la constellation du Bouvier (Boötes). En pratique, aucun équipement lourd n’est requis : un simple transat, un horizon dégagé vers le nord-est et, surtout, l’absence de pollution lumineuse suffiront à capter ces traînées lumineuses souvent caractérisées par leur grande lenteur.
Le radiant des Bootides est presque au zénith, côté ouest/nord-ouest.
Derrière la poésie d’un vœu formulé à la hâte se cache un phénomène physique d’une violence extrême. Une étoile filante n’a d’étoile que le nom ; il s'agit en réalité d'une minuscule particule de poussière cosmique, un météoroïde souvent pas plus gros qu'un grain de sable, abandonné par une comète lors de ses passages successifs près du Soleil. Pour les Bootides, la comète parente n'est autre que la comète périodique 7P/Pons-Winnecke.
Lorsque la Terre croise ce nuage de débris à des vitesses orbitales vertigineuses — environ 18 km/s pour les Bootides, contre près de 60 km/s pour les Perséides —, le grain de poussière percute de plein fouet les couches supérieures de notre atmosphère. Ce n'est pas la friction directe qui détruit le débris, mais la compression brutale de l’air en avant de sa trajectoire. L'air surchauffé se transforme en un plasma incandescent, ionisant les molécules de gaz environnantes. C'est cette poche de gaz ionisé qui brille intensément pendant une fraction de seconde à environ 80 km d'altitude, consumant intégralement le météoroïde avant qu’il ne touche le sol.
La couleur de la traînée indique la composition du météoroïde responsable de l'étoile filante.
Arcturus, aujourd’hui en fin de vie, mesure environ 25 fois le diamètre du Soleil.
Pour orienter votre regard, vous pourrez compter sur un repère céleste incontournable : l’étoile Arcturus (Alpha Boötis). Les Bootides semblent toutes jaillir des environs de cette astre, qui est le plus brillant de la constellation du Bouvier et le quatrième plus lumineux du ciel nocturne mondial. Impossible de le manquer avec sa teinte orangée caractéristique. Pour le trouver facilement, prolongez simplement la courbure de la “queue” de la Grande Ourse.