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Proton Mail dopé à l'IA : comment le chatbot Lumo pourra gérer votre messagerie
Un internaute affirme avoir déniché dans le code public de Proton les premiers signes d'un agent capable d'agir seul dans Mail. Ce dernier est associé au chatbot IA Lumo. En vérifiant plusieurs des commits, il semble bel et bien que sur le secteur de l'IA Proton ait des ambitions rivalisant avec celles de Google, Anthropic ou OpenAI.
Sur le forum Reddit consacré à Proton, un utilisateur a publié une liste de fonctions repérées dans le dépôt GitHub public de Proton Mail. La messagerie sécurisée va elle aussi passer à l'ère de l'IA, mais de manière optionnelle, bien évidemment.
Sur Github, le code de Proton Mail embarque déjà les prémices, des fonctionnalités à venir. Le chatbot Lumo sera en mesure d'ajouter un message à aux favoris (star) ou de marquer des mails comme lus. Il serait capable de créer des labels et des dossiers, de chercher dans les contacts, et même d'éditer des filtres avancés (Sieve).
Lumo est récemment passé en version 2.0 et, au travers de nos tests, les résultats sont bel et bien au rendez-vous pour ce qui est de la génération de contenus. Couplé à Proton Mail et doté de fonctions agentiques, il serait aussi en mesure de modifier les réglages sur demande de l'utilisateur (thème, mise en page, densité, réponse automatique), avec un système de confirmation avant toute action jugée sensible.
Proton n'a pas encore communiqué sur ces nouveautés à venir, lesquelles ne sont pas publiées, mais ajoutées progressivement au code principal du projet WebClients. D'ailleurs, en se rendant sur la page des commits du répertoire, on retrouve un outil de mise en veille des mails (snooze). Lumo peut proposer de faire réapparaître un message à une date choisie, avec une carte de confirmation où l'heure peut être modifiée avant validation. Un autre, intitulé "Add deps for upcoming settings tools", ajoute les briques techniques nécessaires aux futurs outils de réglages, sans les activer.
Une IA qui prend le contrôle des mails, ce n'est pas nouveau. Google a présenté en mai un agent nommé Gemini Spark, capable d'agir dans Gmail, Docs et Slides à partir d'une adresse dédiée, avec une validation demandée avant tout envoi de mail ou dépense. Gemini Spark n'est cependant pas disponible en France. OpenAI a ouvert l'envoi de mails depuis ChatGPT en juin, un message à la fois et après confirmation, via son connecteur Gmail disponible sur les offres payantes, là encore, hors Union européenne. Anthropic propose de son côté un connecteur Google Workspace lequel lit, rédige, envoie et transfère des mails sur validation.
Pendant longtemps le haut niveau de sécurité mis en place par Proton sur son architecture a ralenti les travaux. Mais cette fois, il semblerait que l'éditeur suisse souhaite bel et bien vouloir entrer dans la course. Après le chatbot, l'entreprise se tourne donc vers l'IA agentique à son tour.
Les serveurs qui font tourner Lumo ne sont plus en Suisse. Proton les a déplacés en Allemagne, pour échapper à un projet de loi suisse qui obligerait les fournisseurs à conserver les métadonnées de connexion et, dans certains cas, à livrer leurs clés de chiffrement. Mais sur le papier, les clients, eux, restent clients d'une entreprise suisse. L'avantage, c'est que les calculs et le stockage se font désormais sur un sol qui n'est pas soumis à ce projet de loi.
Il reste quand même quelques interrogations sur ces nouveaux outils de Lumo dans Mail. Quand l'IA agit sur un message au sein de Proton Mail, que devient son contenu déchiffré ? Repart-il vers les serveurs allemands le temps de la requête, ou le traitement reste-t-il local ? On imagine que Proton a conservé une infrastructure sécurisée que l'entreprise ne manquera pas de détailler le moment venu.
Nous apprenions cet été que Proton recrutait pour développer son propre navigateur, basé sur le moteur Chromium. Cette fois encore, aucune information officielle n'a été partagée. Reste que sur ce secteur, les principaux éditeurs se tournent tous vers l'IA agentique, qu'il s'agi