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Actualité : L’Europe doit faire des "compromis" sur ses objectifs climatiques pour développer l’IA, selon le lobby des datacenters
Alors que les alertes environnementales sur le développement à tout crin des centres de données se font de plus en plus nombreuses, le principal lobby européen des data center propose "d’ouvrir la discussion" sur un possible assouplissement des objectifs climatiques européens pour favoriser le développement de l’IA.
© Sinem Görücü / BetterImagesOfAI ( CC BY 4.0 ) - Bientôt des serveurs alimentés au charbon en Europe ?
C’est un commentaire qui arrive à point nommé. Alors que la France fait face à l’une des vagues de chaleurs les plus extrêmes qu’a jamais connues le pays, il y a quelques jours à Bruxelles, le président de l’EUDCA (European Data Centre Association, un lobby représentant entre autres Amazon, Google et Microsoft) a proposé de relancer l’exploitation des énergies fossiles pour donner un coup de boost au développement de l’IA sur le Vieux Continent.
Dans un article de Politico, Lex Coors appelle ouvertement à faire des "compromis" sur les objectifs de développement durable européen au nom de la "compétitivité, de la souveraineté et de la rapidité".
Selon les mots du responsable, l’infrastructure énergétique européenne "n’est pas apte" à répondre à la demande croissante des centres de données et il serait opportun "d’ouvrir la discussion" sur la potentielle exploitation d’infrastructure fossile pour répondre aux futurs besoins du secteur.
Selon lui, les récentes avancées détaillées dans la feuille de route pour la numérisation et l’IA dans le secteur de l’énergie ne suffiront pas, car les projets annoncés pourraient prendre du retard. Quant à l’énergie renouvelable déjà en circulation, elle n’est pas assez fiable, car trop dépendante des conditions météorologiques. Dans cette situation, les énergies fossiles pourraient être la seule solution capable de soutenir le rythme de développement de l’IA, avant d’être éventuellement remplacée par de l’énergie moins carbonée plus tard avance Lex Coors.
En face, le bureau européen de l’environnement pousse la Commission à "tenir ses positions", qui consiste à exiger des centres de données qu’ils "participent à l’effort de décarbonation plutôt que de le saboter".
Ce faisant, l’EUDCA adopte pleinement l’approche étasunienne où des usines à gaz et des mines de charbon ont été remises en activité pour alimenter, entre autres, les centres de données d’Elon Musk. Malgré les belles promesses d’OpenAI, de Microsoft et des autres, le gros de l’énergie utilisée aux États-Unis pour alimenter les centres de données vient encore de sources fossiles.
Il y a quelques mois déjà, l’Ademe prévenait pourtant que la stratégie de développement française des centres de données était déjà "incompatible avec l’accord de Paris", et c’était sans même prendre en compte un éventuel retour des énergies fossiles dans le mix énergétique.
Bruxelles et Paris ont d’ailleurs déjà renié sur certaines ambitions écologiques. La Commission européenne a assoupli les obligations de transparences sur les émissions des centres de données et, dans l’Hexagone,les centres de données sont devenus des infrastructures "d’intérêt national majeur", leur évitant d’encombrantes phases d’audits écologiques.