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Cette entreprise chinoise veut transformer les toits des voitures en panneaux solaires
Le verrier automobile chinois Fuyao, numéro un mondial du secteur, dévoile une vitre de toit capable de convertir la lumière du soleil en électricité pour les voitures électriques. Et le premier constructeur à en bénéficier serait BYD. La technologie est prête pour la production de masse, sur ses modèles Han et Tang, selon plusieurs médias chinois.
Fuyao lamine des cellules solaires dans le verre du toit ouvrant photovoltaïque, avec une jonction PN de semi-conducteur capable de convertir la lumière du soleil en courant électrique. Le verrier chinois utilise les cellules à hétérojonction, plus efficaces que le silicium classique, pour un rendement annoncé de 23,18 %, soit la part de lumière solaire réellement transformée en électricité, et le courant produit alimente la ventilation, les systèmes de connectivité ou une dashcam, sans solliciter la batterie de traction.
On n’est ici pas dans la même technologie des panneaux photovoltaïques ajoutés en surface du toit, qui est la plus répandue chez d’autres constructeurs. Le verre produit directement l’électricité, plutôt que de porter un module solaire rapporté en surface. Selon plusieurs médias chinois, la vitre afficherait une puissance maximale de 720 watts sur une surface de deux à trois mètres carrés, soit 150 watts par mètre carré.
Si vous y avez déjà jeté un coup d’œil, alors vous savez que le produit existe au catalogue en ligne de Fuyao depuis plusieurs années, avec une illustration datant de 2018, et le groupe a affirmé, dès mai 2024, auprès de ses investisseurs, être capable d’une production de masse pour fournir des programmes automobiles. Fuyao s’est donné un objectif de trois millions de kits solaires par usine, à Fuqing Yangxia et à Hefei, pour la fin de 2025, de quoi porter la capacité cumulée des deux sites à six millions d’unités par an une fois la montée en cadence achevée.
Courant août 2026, le produit a atteint le stade de la production de masse, selon plusieurs médias spécialisés. Ces cellules à hétérojonction associent une couche de silicium cristallin à des couches de silicium amorphe, avec moins de pertes d’énergie qu’un module classique. Ces performances ne sont pas confirmées par une fiche technique officielle de Fuyao, et le groupe n’a pas non plus communiqué de calendrier commercial.
Fuyao est l’un des plus grands fournisseurs mondiaux de verre automobile, avec de nombreux constructeurs comme clients, mais on parle malgré tout d’un tarif de 8 000 yuans, soit environ 1 030 euros, pour l’option solaire sur les modèles Han et Tang de BYD, un montant que le groupe n’a toutefois pas confirmé non plus.
La presse anglophone évaluait de son côté cette option à environ 1 190 dollars, un montant proche une fois converti en euros. Le verrier ne nomme pour sa part aucun modèle ni aucun constructeur sur sa fiche produit. Ce produit apparaît sous le simple nom de toit ouvrant photovoltaïque, sans appellation commerciale différente, au même titre que des pare-brise et des vitres latérales du catalogue.
L'’activité de sous-traitance de Fuyao ne s’adresse pas qu’aux modèles Han et Tang, puisque Tesla et Volkswagen achètent aussi du verre automobile au groupe, sans rapport avec ce toit solaire.
Par le passé, d’autres ont déjà tenté l’expérience du toit solaire, avec des résultats plus fragiles, quand la start-up néerlandaise Lightyear a construit une voiture entière autour du solaire avant de déposer le bilan en janvier 2023. L’entreprise a repris une activité restreinte après cette faillite. Sollicité, le verrier a refusé de commenter et a invoqué la confidentialité commerciale de ses clients et de ses tarifs.