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Actualité : Des voitures chinoises vendues illégalement en Europe vont être détruites sur ordre de l'Allemagne
En Allemagne se vendent des Audi chinoises sans même l'accord du constructeur. C'est l'importateur Auto China qui propose la berline E5 Sportback et le SUV E7X à des clients allemands mais aussi en Autriche, en Suisse et en Espagne. La facture est parfois le double par rapport à la Chine. Il reste que cette pratique est illégale puisque ces voitures roulent en dehors de tout circuit officiel. La justice allemande demande à envoyer ces modèles à la casse.
Les voitures électriques évoquées précédemment appartiennent à la marque AUDI, écrite tout en majuscules et sans les fameux quatre anneaux sur la carrosserie. Il s'agit d'une alliance entre Audi, tout en minuscule donc, et le groupe public chinois SAIC.
Pour enrayer la chute des ventes allemandes là-bas, ce sont des ingénieurs allemands qui se sont occupés du design, des réglages du châssis et de l'ergonomie de ces voitures électriques AUDI. SAIC a apporté la plateforme électrique, les batteries et le logiciel embarqué.
Le pire, c'est que l'importation depuis la Chine n'en vaut même pas le coup. Le modèle E5 Sportback en finition Flagship est à 59 980 € sans les taxes. Il faut ensuite ajouter un adaptateur de charge de 950 €, puisque ces modèles utilisent le standard chinois GB/T que l'on ne retrouve pas sur les bornes européennes.
Puis encore 1 500 € d'homologation, 3 500 € pour deux ans de garantie et 2 800 € de livraison. La note est d'environ 82 000 € lorsque l'on ajoute la taxe sur la valeur ajoutée allemande de 19 %.
Volkswagen, qui a justement dévoilé un nouveau crossover électrique en Chine, demande donc à faire détruire ces modèles. En début d'année 2023, un revendeur berlinois proposait aussi une vingtaine d'ID.6, un crossover, un SUV électrique taille XXL destiné au marché chinois.
On parle de 22 exemplaires qui étaient stockés dans un hangar loué pour l'occasion. Volkswagen a pu saisir les véhicules et un jugement du tribunal de Hambourg a ordonné leur remise et leur destruction. Des alternatives ont toutefois été envisagées, comme le retrait des logos de Volkswagen.
Sauf que voilà, ces signes sont dans la carrosserie et le logiciel de bord, ce qui rend cette solution tout bonnement impossible. Un renvoi en Chine a aussi été écarté pour des raisons juridiques et logistiques. Une entreprise spécialisée se chargera du broyage et du recyclage des matériaux, puisque cette histoire a beau avoir trois ans, elle n'est toujours pas terminée.
Un constructeur automobile garde la maîtrise de la mise sur le marché européen de ses voitures électriques et un modèle fabriqué pour la Chine n'a jamais le droit à cette autorisation. L'importateur est donc en tort et commet une contrefaçon alors que la voiture est pourtant authentique (ce qui est un peu ironique).
Et les revendeurs allemands déconseillent de passer par l'importation pour rouler en voiture destinée au territoire chinois. "En tant que concessionnaire, je n'importerai pas de véhicules depuis la Chine", explique Ansgar Klein, président de l'association fédérale des revendeurs automobiles indépendants. Il ajoute que même avec le feu vert des juristes, il reste des risques.