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Actualité : Netflix a glissé une séquence IA dans un k-drama et le phénomène s'aggrave dans les séries sud-coréennes
Si vous aimez les K-dramas, peut-être avez-vous déjà regardé sans le savoir des séries sans acteurs, ou du moins sans acteurs humains, mais de l'IA. Et le phénomène prend une ampleur inquiétante en Corée du Sud.
La plateforme sud-coréenne Vigloo a publié trois contenus qui ont été entièrement créés par cette technologie. Et forcément, des acteurs et actrices perdent leur travail quand d'autres acceptent de céder leur visage avant d'être remerciés.
Vigloo est géré par le studio Spoon Labs et financé à hauteur de 86 millions de dollars par Krafton, éditeur à qui l'on doit notamment les jeux Inzoi et Crimson Desert. C'est en juillet 2024 que Neil Choi, fondateur et directeur général de Spoon Labs, a lancé l'application avec désormais plus de 300 K-dramas en format vertical.
En septembre 2025, la plateforme a publié deux K-dramas, Met a Savior in Hell et Seoul: 2053. L'IA fut utilisée pour le scénario, mais aussi les effets visuels. Vigloo annonce des budgets réduits de plus de 90 %. Et même le temps de production fut divisé par deux avec un bouclage en six semaines à peine.
La technologie utilisée s'appelle image-to-video. Une image fixe est utilisée comme base, puis l'IA crée une séquence animée au format vertical. La plateforme a aussi lancé Bloodbound Luna, première série anglophone entièrement produite par IA quand les deux précédentes étaient en coréen. Ce sont 22 épisodes qui ont été bouclés en huit semaines par une équipe réduite d'à peine dix personnes.
Mais le studio MetaK va encore plus loin. Cette société de la banlieue de Séoul a ouvert ses portes à une dizaine de PC. Il n'y a pas de caméra ou de plateau de tournage dans ses locaux. "Tourner trois minutes d'un film coûte au minimum un million d'euros et demande des semaines de préparation. Nous, on fait ça en trois jours", explique Kim Kwang-jip, directeur du studio. Il ajoute que l'IA divise les coûts par dix et qu'une séquence ne lui demande que dix minutes. MetaK a déjà livré un documentaire pour la chaîne publique KBS.
Sur Netflix, on trouve déjà un K-drama avec des scènes générées par IA avec Agent Kim Reactivated. Dans ce programme, on trouve une séquence de trois minutes totalement artificielle. Il s'agit d'un passage qui raconte le passé du personnage joué par So Ji-sub. "La production de cette séquence par IA a réduit les coûts de plus de 60 % par rapport à un tournage classique", indique Hong Sung-chang, directeur général de Studio S à qui lon doit ce K-drama.
Lorsque l'IA sera utilisée à l'écran, la mention de cette technologie sera présente. Et Hollywood s'en mêle aussi, si bien que Christopher Nolan, réalisateur d'Oppenheimer, The Dark Knight ou encore récemment L'Odyssée, s'oppose à cette technologie. Au festival SXSW, Steven Spielberg (Jurassic Park, Les Dents de la mer...) s'est dressé publiquement contre le remplacement de la créativité humaine par de l'IA dans le cinéma.
Les producteurs sud-coréens cherchent aussi à réduire leurs dépenses au-delà de la télévision. Si l'on parle de cinéma, le box-office national accuse 45 % de recettes en moins par rapport à son niveau d'avant la pandémie de Covid-19. L'an dernier, vingt films ont dépassé un budget de 2,15 millions de dollars selon le Conseil du cinéma coréen et avant la crise sanitaire le pays en produisait 40 à 50 par an. Alors il faut chercher à faire des économies via l'IA.
Mais ce n'est pas tout puisque ces économies grâce à l'IA se paient au niveau social. Le secteur audiovisuel sud-coréen emploie environ 291 000 personnes et a rapporté 16,4 milliards de dollars l'an dernier. La Banque de Corée estime que près de 280 000 emplois sont menacés par l'IA, tous secteurs confondus.