// FRANCEINFO FAITS DIVERS — CRONACA
"Avant de me bloquer mon entreprise, le prochain y réfléchira à deux fois" : un patron et un employé soupçonnés d'avoir volontairement percuté des grévistes
Pour sauvegarder cet article, connectez-vous ou créez un compte franceinfo
Adressez vos remarques à
Jérôme Cathala
Un conflit social a tourné au drame, dans la Marne. Un chef d'entreprise et un employé sont soupçonnés d'avoir percuté deux grévistes, qui se trouvaient sur le site. Ils auraient volontairement foncé sur eux.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Face aux grévistes, le patron d'une entreprise prend le volant d'un car pour le sortir du dépôt, mardi 1er septembre. Il force le passage. Le salarié accroché à l'essuie-glace finira par perdre connaissance. Un peu plus loin, c'est une ambulancière de 24 ans qui sera renversée. Après l'accident, le directeur, debout devant l'un de ses salariés blessés, reste menaçant. "Je pense que le prochain, avant de me bloquer mon entreprise, il réfléchira deux fois !", l'entend-on déclaré dans une vidéo des faits. Les deux salariés ont été hospitalisés quelques heures au CHU de Reims.
Mercredi, Sylvain Formoso, le salarié bousculé par le car, était encore sous le choc. "J'ai eu de la chance, parce que j'ai pu m'accrocher à l'essuie-glace et j'ai pu esquiver sur le côté. Sinon, moi, j'ai vraiment vu ma mort. Ça m'a choqué, je ne m'attendais pas à ce que le patron m'écrase", témoigne le chauffeur de Capitale Champagne. L'autre blessée, une jeune ambulancière de 24 ans, a été percutée par un chauffeur qui a pris le relais du patron. Selon elle, tout s'est passé très vite. "J'ai chuté, j'ai des contusions à la cheville et au dos. Mais le temps que je réalise, ma collègue m'a relevé, etc. Et le monsieur est parti faire sa tournée comme si de rien n'était", raconte-t-elle.
Selon la CFDT, c'est la tentative de casser la grève qui a tout déclenché. La direction aurait embauché pour la journée des chauffeurs pour remplacer des grévistes. "Hier matin, deux chauffeurs sont arrivés avec des contrats en date d'hier. On n'a pas le droit d'embaucher des salariés ou des intérimaires pour remplacer des grévistes. Donc, il est vrai que ces chauffeurs-là, ont été empêchés de sortir", explique Jean-Marie Hommet, secrétaire de la CFDT Transports de la Marne.
Arrêtés sur place puis placés en garde à vue pour violence avec armes, le patron et le chauffeur ont été libérés dans la soirée. La CFDT souhaite porter plainte en se constituant partie civile.
Vous pouvez désormais privilégier l'affichage des articles de franceinfo dans les résultats de recherche Google. Comment ça marche ?
"C'était choquant" : l’incompréhension après l’accident de bouée tractée dans les Pyrénées-Orientales