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RTE assurait qu’il n’y avait « aucune inquiétude » : le lendemain, 100 000 foyers bretons étaient dans le noir
À peine l’été commencé que la France enregistre déjà un record historique de chaleur. Le mardi 23 juin, la moyenne des températures diurnes et nocturnes a atteint 29,9 °C, du jamais vu depuis le début des relevés en 1947.
Les fortes chaleurs impactent le système électrique. La hausse de la température des cours d’eau peut contraindre certains réacteurs nucléaires à interrompre leur production afin de respecter les limites environnementales. En parallèle, les épisodes caniculaires s’accompagnent souvent d’une baisse du vent, ce qui réduit la production éolienne. La capacité de production disponible diminue donc au moment même où la consommation augmente sous l’effet de l’utilisation croissante de la climatisation.
Malgré le contexte, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE se veut rassurant. « Il n’existe pas d’inquiétude en matière de disponibilité de l’offre en électricité pour l’été à venir », a indiqué l’opérateur dans un communiqué publié le 22 juin. Pourtant, une importante coupure observée en Bretagne montre que la canicule peut tout de même fragiliser certaines infrastructures électriques.
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Selon RTE, le besoin en climatisation a représenté un surplus d’environ 10 GW de consommation le dimanche 21 juin, et devait atteindre 12 GW le lundi 22 juin, par rapport à une journée aux températures habituelles pour la saison. Pour autant, la chaleur influence moins fortement la demande d’électricité que le froid. En été, un degré supplémentaire entraîne généralement une hausse de la demande de 0,7 à 1 GW. En hiver en revanche, une baisse d’un degré provoque un effet environ trois fois plus important.
L’écart se vérifie dans le mix de production : aux heures de pointe, RTE a dû appeler les centrales à gaz en renfort. Le lundi 22 juin à 19h, la production gaz dépassait 4 000 MW, contre quelques centaines de mégawatts un soir ordinaire. C’est précisément lorsque le soleil décline et que les climatiseurs tournent à plein que ce recours au gaz augmente, le solaire ne prenant plus le relais.
Pour RTE, cette augmentation de la demande reste donc largement maîtrisable. Il assure d’ailleurs que l’approvisionnement en électricité est garanti « même en cas d’épisodes intenses de canicule et de sécheresse ». Le parc de production français dispose effectivement de capacités suffisantes.
Pourtant, le lendemain de cette déclaration de RTE, dans la soirée du 23 juin, une panne de courant a toutefois touché une partie du sud du Finistère. Selon la préfecture, l’incident serait lié aux fortes chaleurs.
D’origine accidentelle, la panne a affecté un poste électrique exploité par RTE. Jusqu’à 100 000 foyers ont été privés d’électricité dans la soirée du 23 juin, et mercredi en fin de matinée, environ 68 000 foyers restaient encore sans courant.
Ainsi, même si la production d’électricité est suffisante, les fortes chaleurs peuvent mettre à rude épreuve les infrastructures du réseau. Comme l’explique effectivement Enedis, la canicule peut affecter directement certains équipements électriques.