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VIDEO. "Je dis que la torture est la politique officielle" : un agent de la CIA raconte comment il a révélé les mensonges du gouvernement américain lors de la guerre contre l'Irak
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France 5 diffuse une série documentaire inédite qui dévoile comment l'administration américaine et son agence de renseignement extérieur ont géré l'après 11-Septembre et leur lutte contre le terrorisme. Un lanceur d'alerte, John Kiriakou, ancien analyste de la CIA, y témoigne.
Une date et des images à jamais gravées dans les mémoires. Le 11 septembre 2001, des attentats d'une ampleur inédite frappent en plein cœur une Amérique qui se pensait à l'abri. Après la chute des tours jumelles, les Etats-Unis s'engagent, avec l'appui de leur agence de renseignement extérieur, la CIA, dans une lutte effrénée contre le terrorisme.
CIA, les guerres secrètes de l'après 11-Septembre, réalisé par Antoine Mariotti et Manuel Guillon, raconte les errements de l'administration américaine et certaines dérives de la CIA après le traumatisme des attentats. Cette série documentaire en trois épisodes, diffusée dimanche 6 septembre à 21h05 sur France 5, revisite certaines opérations menées par l'agence de renseignement américaine durant ces vingt-cinq dernières années.
De l'Afghanistan à l'intervention en Irak, en passant par la prison d'Abou Ghraïb à Bagdad et la neutralisation de Ben Laden, ce documentaire, nourri par le témoignage de nombreux acteurs de premier plan, pénètre dans les coulisses des faits d'armes les plus marquants, mais aussi les plus obscurs, de la CIA dans sa lutte contre le terrorisme.
En 2001, le président américain George W. Bush appelle à mener "une guerre contre la terreur". Déterminés à éradiquer l'organisation terroriste Al-Qaïda et à capturer Oussama Ben Laden, considéré comme le commanditaire des attaques du 11-Septembre, les Etats-Unis lancent, dès le mois d'octobre 2001, une offensive en Afghanistan, puis décident d'envahir l'Irak en mars 2003 sur la base d'informations mensongères, les supposées armes de destruction massive détenues par Saddam Hussein. Quelques mois plus tard, un scandale éclate : des photos de détenus irakiens de la prison d'Abou Ghraïb, exposés dans des situations indignes, font le tour du monde.
Le documentaire rappelle qu'en 2006, la presse découvre qu'il existerait des prisons secrètes, appelées "black sites", situées sur le sol américain et européen, dans lesquelles des personnes incarcérées, n'ayant pas le statut de prisonniers de guerre, seraient maltraitées en toute impunité par des membres de la CIA et par l'armée américaine.
John Kiriakou est, à l'époque, officier de la CIA. Il se souvient de ce jour où il découvre que des agents ont recours à la torture. "J'arrive au siège et je vois tomber des messages venant de 'black sites'. Des gens qui écrivent : 'je ne me suis jamais engagé pour ça, c'est de la torture, je démissionne'. Une secrétaire a assisté à une séance et s'est évanouie, tellement elle était bouleversée", s'émeut l'ancien analyste de l'agence de renseignement en charge du Moyen-Orient, qui voit dans ces actes un dévoiement de la fonction d'agent.
Le Washington Post décide, à cette période, de publier une enquête fouillée qui dénonce avec force détails les abus commis par des agents de la CIA dans ces lieux tenus secrets. "Peu après, le chef des services clandestins, José Rodriguez, décide tout seul de détruire les enregistrements vidéo de certains interrogatoires", explique Dana Priest, journaliste au Washington Post de 1984 à 2023. Selon Tim Weiner, journaliste au New York Times de 1993 à 2008, cette volonté d'effacer toutes traces prouve la gravité des actes perpétrés, car si ces vidéos étaient rendues publiques, elles "feraient passer Abou Ghraïb pour un pique-nique", selon ses propres mots.
Lors d'une conférence de presse, George W. Bush, interrogé sur cette question, affirme avec assurance que "le gouvernement ne torture personne". John Kiriakou, ulcéré par ce mensonge, sort de la réserve que lui impose sa fonction d'agent de la CIA, et décide de dénoncer dans les médias ce qui se passe vraim