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Tribune : Construire aujourd'hui la ville de demain
Alors que les villes doivent rester habitables dans un monde qui se réchauffe de plus en plus vite, la transformation du modèle urbain existant est à la fois un impératif et une urgence.
Premières émettrices de CO2 et premières consommatrices de ressources à l'échelle mondiale, les grandes agglomérations sont à la croisée de trois tendances majeures qui sont en train de façonner la ville de demain.
La première est environnementale car les espaces urbains doivent réduire leur empreinte carbone, adopter les énergies renouvelables et l'économie circulaire, limiter l’artificialisation des sols et s’adapter à un climat plus chaud. La deuxième est technologique alors que l'intelligence artificielle, l'électrification, les nouveaux matériaux, la robotique, les capteurs et les outils numériques changent notre manière de concevoir, de construire, et d'exploiter les bâtiments et les infrastructures. Enfin, la troisième concerne les modes de vie, qui évoluent rapidement sous l’effet de facteurs culturels, réglementaires, économiques et politiques.
Chez Leonard, la plateforme de prospective et d’innovation du groupe VINCI, nous observons et nous guidons ces transformations depuis presque dix ans. Notre rôle est à la fois d’explorer les grandes tendances, de soutenir le développement des technologies qui y répondent et de connecter les acteurs capables de les faire passer à l’échelle.
Alors que l'aggravation de la crise climatique nous oblige à agir plus rapidement, il faut sélectionner les solutions qui vont faire la différence, les tester, les améliorer et créer les conditions de leur déploiement.
À ce titre, deux chantiers prioritaires doivent être menés de front dans le contexte actuel : l’atténuation du dérèglement climatique et l’adaptation des villes à un nouveau climat.
Atténuer consiste principalement à réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Étant donné qu'une molécule de CO2 produit les mêmes effets partout sur la planète, quel que soit son lieu d’émission, cela suppose des efforts globaux et à grande échelle auxquels chaque ville doit participer.
Dans la mobilité, l’électrification constitue un champ majeur d’innovation. Elle implique de faire évoluer les véhicules, les réseaux, les points de recharge, les usages, les infrastructures routières et énergétiques. C'est un système complet qu'il faut repenser pour faire baisser les émissions de CO2.
Le bâtiment, lui aussi, doit changer de trajectoire. Décarboner la construction suppose notamment de transformer ou de remplacer les matériaux les plus polluants, comme le béton, en travaillant sur leur formulation, leurs composants et leur cycle de vie. Là encore, l’enjeu n’est pas de chercher une solution miracle, mais de constituer un portefeuille de réponses complémentaires : matériaux bas carbone, réemploi, éco-conception, rénovation, sobriété énergétique, meilleure gestion des ressources.
L’eau illustre parfaitement cette logique systémique. Longtemps, les villes ont été pensées pour évacuer rapidement l’eau de pluie. Demain, elles devront davantage la retenir, la réutiliser et l’intégrer dans les parcelles et les quartiers. Cette évolution vise à réduire les risques d’inondation, préserver la ressource, rafraîchir l’espace urbain et améliorer la résilience des sols. C’est une transformation technique, mais aussi culturelle.