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ArianeGroup irritée par l'image de "dinosaure" que certains lui collent, malgré l'enchaînement des succès
À quelques jours du sommet spatial international de Paris, les dirigeants d'ArianeGroup, Arianespace et MaiaSpace ont dressé leur bilan et laissé filtrer une série de nouveaux contrats pour Ariane 6.
Ce lundi matin, à quelques encablures du sommet spatial international qui s'ouvre mercredi à Paris, les trois noms du spatial tricolore du moment se sont retrouvés en conférence de presse. Christophe Bruneau, nommé à la tête d'ArianeGroup en avril dernier, David Cavaillolès pour Arianespace et Yohann Leroy pour MaiaSpace ont dressé le bilan d'une année 2026 particulièrement chargée, et d'ores et déjà réussie, ponctuée par le placement d'un satellite en orbite géostationnaire par Ariane 6 il y a quelques jours. Entre les bons résultats, le teasing commercial et la petite pique assumée face à la concurrence, l'échange auquel Clubic a pris part n'a pas manqué de relief.
Le sommet des 9 et 10 septembre n'est pas un rendez-vous comme les autres, note Christophe Bruneau. « C'est la première fois qu'on va réunir l'ensemble de l'écosystème européen et international. » Le secteur spatial, longtemps cantonné aux pages sciences, s'invite désormais dans les arbitrages économiques, industriels et politiques les plus stratégiques du continent, portés au plus haut niveau de l'État.
Et derrière les fusées, il y a aussi les missiles. ArianeGroup, qui se définit comme une société « duale », est à la fois maître d'œuvre d'Ariane 6 et acteur clé de la dissuasion française. Christophe Bruneau assume pleinement cette double casquette, rappelant qu'il développe un missile balistique conventionnel de 800 à 2 500 kilomètres de portée, une capacité qu'il présente comme une pièce manquante de l'arsenal européen, sur laquelle son groupe reste, selon lui, seul à disposer d'un savoir-faire complet.
Mais avant de parler défense, il fallait parler performance. Le nouveau patron d'ArianeGroup le dit, « notre enjeu aujourd'hui, c'est de passer de la haute couture au prêt-à-porter. » Comprendre : industrialiser la fabrication d'Ariane 6 sans jamais rogner sur la qualité, condition indispensable pour tenir la cadence promise à ses partenaires commerciaux les plus gourmands. L'urgence est aussi dictée par l'histoire, puisque Christophe Bruneau rappelle que la France a déjà payé cher les ruptures de compétences, que ce soit dans le nucléaire ou lors du retard d'Ariane 5, où « il nous a fallu un certain nombre d'années pour remonter les compétences », avant de retrouver le niveau actuel.
Sur le terrain commercial, David Cavaillolès, le président exécutif d'Arianespace, est enthousiaste en pensant à l'avenir. Le patron d'Arianespace a justement promis des annonces importantes dans les prochains jours, avec des contrats qui représenteraient à eux seuls l'équivalent de « près de 10 » lancements Ariane 6, excusez du peu. Une avalanche de commandes qu'il qualifie lui-même de « jamais vu », une « grande première depuis le début de l'exploitation » commerciale du lanceur, sans dévoiler pour l'instant l'identité des clients concernés, Amazon étant à ce jour le plus important, avec un total de 18 lancements.
« Arianespace, j'ai coutume de dire que c'est une compagnie aérienne, mais pour les fusées ». Avec cette formule, qui a du sens, David Cavaillolès nous montre bien que, comme une compagnie aérienne vend des billets puis pilote elle-même les avions, Arianespace vend des lancements à ses clients puis opère elle-même les fusées qui les mettent en orbite. Et sur ce point, le bilan est sans fausse note, avec neuf vols réalisés depuis le lancement commercial d'Ariane 6, pour autant de succès. Une fiabilité qui, selon lui, explique en grande partie l'afflux soudain de nouvelles commandes, qu'elles soient européennes, internationales ou institutionnelles. Logique, quand on sait qu'un client préfère toujours miser sur un lanceur qui tient ses promesses.
Reste à transformer l'essai côté production. L'objectif de 9 à 10 lancements par an dès 2027 est confirmé, mais il suppose d