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Pourquoi les Britanniques financent l’électricité consommée en France
Grâce à son solide parc nucléaire, la France figure parmi les plus grands exportateurs d’électricité de l’Union européenne. Mais il lui arrive aussi d’importer. Des contraintes économiques ou encore des aléas techniques poussent parfois l’Hexagone à s’approvisionner auprès de ses voisins, dont le Royaume-Uni.
Les ménages français consomment donc parfois de l’électricité britannique. Une situation qui suscite la colère de certains acteurs outre-Manche. Pour cause : une partie de cette énergie a été financée par les ménages britanniques eux-mêmes.
Pour décarboner son mix électrique, le Royaume-Uni a massivement misé sur l’éolien offshore, dont il est aujourd’hui le leader européen. Ce développement a été rendu possible, en partie, grâce à un mécanisme de tarif garanti accordé aux producteurs. Lorsque le prix du marché tombe en dessous d’un seuil fixé, l’État compense la différence. Mais cette compensation est répercutée sur les factures d’électricité des ménages.
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Or, comme le solaire, l’éolien est une énergie intermittente. Les parcs offshore génèrent régulièrement des surplus qui finissent alors par être exportés vers la France. « Pourquoi le consommateur devrait-il payer pour de l’énergie produite en Grande-Bretagne qui sera ensuite vendue à profit à la France ? », s’interroge d’ailleurs Claire Coutinho, ministre de l’Énergie du cabinet fantôme de l’opposition conservatrice, citée par le Telegraph.
Le cœur du problème n’est pas l’export en lui-même, ni le pays destinataire. Cette électricité envoyée en France aurait pu être consommée par les Britanniques. Mais faute de capacités suffisantes des lignes électriques intérieures, le gestionnaire du réseau se trouve dans l’impossibilité d’acheminer cette électricité vers les consommateurs locaux et préfère la vendre à l’étranger. Ce dysfonctionnement pourrait coûter près de 770 millions de livres sterling par an entre 2030 et 2050, soit environ 893 millions d’euros, selon Octopus Energy, premier fournisseur d’énergie du pays.
Ce que dénoncent ces acteurs, c’est une faille structurelle du réseau électrique britannique. Les centrales éoliennes sont concentrées dans le nord du pays, principalement en Écosse, tandis que les grands bassins de consommation se trouvent dans le sud de l’Angleterre. Les lignes de transport existantes ne permettent pas d’acheminer la totalité de la production vers les zones où elle est nécessaire.
Pour faire face aux pics de demande, le gestionnaire doit alors mobiliser des centrales à gaz, situées plus près des zones de consommation, malgré une production éolienne suffisante. Et pour éviter une surcharge du réseau existant, certains parcs éoliens sont parfois contraints de s’arrêter temporairement en échange d’une compensation versée par l’État. En 2025, cette mesure a coûté 650 millions de livres sterling (environ 754 millions d’euros) au Royaume-Uni, selon Octopus Energy. Or, cette somme se répercute inévitablement sur le prix du kilowattheure et donc sur les factures des ménages.
Au cœur de ce gaspillage, un mécanisme appelé constraint payments : quand le réseau ne peut pas absorber toute la production éolienne, le gestionnaire NESO demande aux parcs écossais de réduire leur production et les indemnise pour le manque à gagner, tout en payant des centrales à gaz du sud pour compenser. En 2025, le coût s’est réparti entre environ 380 millions de livres versés aux éoliennes pour s’arrêter et plus d’un milliard pour faire tourner le gaz.
C’est pourquoi acteurs énergétiques et responsables politiques appellent le gouvernement à investir rapidement dans la modernisation du réseau. L’enjeu est d’autant plus pressant que le Premier ministre envisage un rapprochement avec l’Union européenne. Une telle perspectiv