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« Un mauvais signal » : pourquoi l’Allemagne s’apprête à sabrer son budget vélo
Le projet de budget fédéral pour 2027 va s’élever à 544 millions d’euros pour le vélo, soit près de 10 % de moins que l’enveloppe actuelle. Voici ce qu’on peut retenir d’un projet de budget présenté au Bundestag, le parlement allemand, et dont la première semaine de débats budgétaires a commencé ce lundi 7 septembre.
Zukunft Fahrrad, l’association qui représente la filière du cycle outre-Rhin, a naturellement tiré la sonnette d’alarme en découvrant ces chiffres, y voyant un mauvais signal envoyé dès l’ouverture des discussions.
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Selon le baromètre vélo du ministère fédéral des Transports, la part d’Allemands qui veulent utiliser plus souvent le vélo ou le vélo électrique est pourtant passée de 41 % en 2021 à 55 % en 2025. De quoi placer le deux-roues en tête des modes de transport que les gens aimeraient pratiquer davantage.
Pour Wasilis von Rauch, directeur général de Zukunft Fahrrad, le projet ne tient pas : « De plus en plus de gens souhaitent faire du vélo plus souvent, ce qui est formidable. Cependant, le gouvernement fédéral réduit les financements nécessaires. Au lieu d’investir dans des infrastructures cyclables sûres et modernes et dans un secteur clé comme l’industrie du cycle, il pénalise les particuliers et les entreprises. Pourtant, il n’existe guère d’utilisation plus efficace de ces fonds : chaque euro investi dans des infrastructures cyclables sûres est largement rentabilisé. »
Le poste le plus touché s’appelle « Villes et Campagnes », celui qui finance les projets cyclables des communes. Son enveloppe passerait de 281 à 276 millions d’euros. La baisse paraît certes modeste, mais avec la hausse des coûts de construction, l’association prévient que l’effet réel sera plus lourd que ne le laisse penser le chiffre. À côté, le financement des pistes le long des routes fédérales reste bloqué à 100 millions d’euros, après avoir été raboté de 120 à 100 millions l’an dernier. Et aucun nouvel investissement n’est prévu pour de nouveaux parkings à vélos dans les gares, un programme pourtant très demandé.
S’ajoutent d’autres coupes. Environ 43 millions d’euros disparaissent pour les voies rapides cyclables et les pistes le long des voies navigables. Le gouvernement retire aussi 2 millions à la promotion de la mobilité active, 5 millions aux projets cyclables pilotes et 4 millions aux vélos-cargos électriques destinés aux professionnels.
Le plus déroutant pour l’association, c’est que ces choix contredisent le ministère lui-même. Dans un rapport de juin 2026 sur les effets de sa politique vélo, il concluait que le deux-roues améliore la santé, l’économie et l’inclusion sociale, en plus de rendre les villes plus compatibles avec le climat.
L’Allemagne, longtemps citée en exemple, envoie aujourd’hui un mauvais signal. Pour autant, rien n’est encore acté : ce budget n’est encore qu’un projet, et les députés peuvent le faire évoluer pendant les débats de l’automne.
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