// LES NUMÉRIQUES — INTELLIGENZA ARTIFICIALE
Actualité : L'enquête PISA est formelle, l'abus d'IA nuit gravement à la scolarité des élèves
L’une des conclusions de la dernière enquête PISA sur l’éducation risque de ne pas plaire à tout le monde : les élèves qui utilisent intensivement l’IA pour leurs études peuvent accuser jusqu’à un an de retard scolaire sur ceux qui s’en passent ou en font un usage modéré.
© Kplandee/Shutterstock - L'utilisation de l'IA à l'école en question.
C'est une période trouble que traverse l'intelligence artificielle. Alors que ses performances, son intégration et son adoption franchissent chaque semaine de nouveaux caps, la défiance à son égard grandit. Plusieurs voix appellent notamment à ralentir le rythme, tandis que des études tentent de démontrer à quel point la dépendance à ces outils peut nuire à la réflexion, à la culture, à l'emploi ou encore à l'environnement. Aujourd'hui, c'est le secteur de l'éducation qui se retrouve au centre des débats après la publication de l’enquête PISA de l’OCDE.
Depuis plusieurs semaines, de premières statistiques tentaient déjà de mesurer l'effet de l'IA sur les méthodes d'apprentissage des élèves. Ce 8 septembre, la très scrutée enquête PISA vient partiellement leur donner raison. S'appuyant sur les résultats de 760 000 élèves ayant participé au test en 2025, représentant plus de 33 millions de jeunes de 15 ans à travers le monde, elle a évalué les compétences en sciences, mathématiques et lecture.
On apprend que 46 % des élèves interrogés dans les pays de l'OCDE utilisent des chatbots IA au moins une fois par semaine. Concernant l'usage global des appareils numériques en classe, seuls 28 % des sondés déclarent que leurs camarades en sont distraits. Un chiffre éclairant alors que la France renforce l'interdiction des smartphones au lycée et cherche à restreindre les réseaux sociaux chez les plus jeunes. Mais revenons à l’IA…
Évolution des résultats au fil du temps en sciences, en lecture et en mathématiques.
Dans un contexte où les performances scolaires stagnent ou poursuivent leur baisse entamée en 2015, la question de l'usage de l'IA pour les devoirs scolaires devient centrale. L'étude s'intéresse d'abord au domaine des sciences, où les élèves ont recours aux outils d'IA pour des tâches précises : résumer un texte, rédiger ou effectuer des recherches.
Outre le fait que ne pas recourir à l'intelligence artificielle pour ces travaux permet d'obtenir les meilleures notes, les données révèlent que les élèves utilisant l'IA au quotidien enregistrent les plus mauvais résultats. Ils sont suivis par ceux qui l'utilisent une ou deux fois par an, puis par ceux qui y ont recours une à deux fois par semaine ou par mois. Un usage modéré s'avère donc plus bénéfique qu'une utilisation quotidienne ou extrêmement rare.
Un écart allant jusqu'à 20 points a été mesuré entre les groupes, ce qui équivaut selon l'OCDE à environ une année de scolarité. Bien qu'il ne s'agisse ici que des résultats associés aux devoirs maison, ce signal rejoint d'autres travaux montrant que les élèves se passant d'IA obtiennent de meilleures notes aux examens. Par ailleurs, la question de l'utilisation de l’intelligence artificielle à des fins pédagogiques par les enseignants n'est pas abordée dans ce volet.
Note moyenne en sciences pour “résumer un texte à lire”, selon la fréquence d’utilisation de l’IA pour les devoirs scolaires.