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Amazon et Microsoft bientôt « gatekeepers » : pourquoi l'UE veut réguler les géants du cloud
Dans ses conclusions préliminaires, la Commission européenne estime que les services cloud respectifs d'Amazon et Microsoft, AWS et Azure, devraient être désignés comme « contrôleurs d'accès » au titre du Digital Markets Act. Une décision définitive est attendue d'ici la fin de l'année, après une phase de consultation de 60 jours.
AWS et Azure contrôlent ensemble plus de 55 % du marché cloud européen. Pourtant, aucun des deux ne répondait jusqu'ici aux critères quantitatifs habituels du DMA, le règlement européen sur les marchés numériques, en vigueur depuis novembre 2022. La Commission a donc ouvert en novembre 2025, une enquête qualitative de marché, une procédure prévue par le texte lorsqu'une plateforme ne franchit pas les seuils chiffrés mais remplit néanmoins le rôle de passerelle incontournable.
Au terme de sept mois d'investigation, l'institution a notifié les deux groupes de sa position préliminaire : AWS et Azure sont bien des passerelles essentielles entre les entreprises et leurs clients dans l'Union européenne. Selon Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de la Commission chargée de la transition compétitive, la dépendance européenne au cloud ne cessera de croître, et un marché pleinement concurrentiel est indispensable pour garantir des services sécurisés, durables et interopérables.
Un « gatekeeper », ou « contrôleur d'accès », au sens du Digital Markets Act, désigne une entreprise dont la plateforme est devenue un passage obligé entre les entreprises et leurs clients, au point de pouvoir dicter ses conditions au reste du marché. Une désignation formelle au titre du DMA entraîne une série d'obligations précises. AWS et Azure devraient garantir l'interopérabilité et la portabilité des données gratuitement, afin que leurs clients puissent changer de fournisseur sans obstacle technique. Des règles interdiraient par ailleurs l'auto-préférence de leurs propres outils d'intelligence artificielle et de bases de données, tandis que les pratiques de licence pénalisant les clouds concurrents seraient prohibées.
Si AWS ou Azure devaient extraire leurs données, il leur en coûterait jusqu'à 0,08 euro par gigaoctet, les « egress fees ». En cas de désignation, AWS et Azure devraient en plus rendre la portabilité des données techniquement et contractuellement possible sans surcoût. IEt il en va de même pour une entreprise qui a construit son architecture autour d'AWS IAM ou d'Azure Databricks. Elle devrait par ailleurs réécrire une partie de son code applicatif pour migrer, indépendamment de tout frais de transfert.
OVHcloud, Hetzner et Scaleway, qui cumulent environ 15 % des revenus cloud en Europe, pourraient se frotter les mains et profiter de ces obligations pour capter des clients aujourd'hui bloqués par le coût de migration.
Les deux groupes ont rejeté les conclusions préliminaires. Amazon a indiqué que cette évaluation ne prenait pas en compte l'étendue des services cloud disponibles pour les clients européens et risquait de décourager l'investissement et l'innovation en Europe, ajoutant que l'Union disposait déjà d'une réglementation complète sur le cloud avec le Data Act. Microsoft a annoncé qu'elle examinerait attentivement les conclusions et continuerait à dialoguer avec la Commission. Zonebourse
Jan Schäfer, directeur des politiques publiques au sein de la CCIA Europe, association représentant Amazon et Microsoft, a mis en garde contre le risque de freiner l'innovation et de restreindre les options des entreprises européennes en appliquant le statut de gatekeeper à tout fournisseur cloud dominant. Tech Times
La désignation formelle d'AWS et Azure étendrait le périmètre du DMA au-delà de ses cibles initiales. Jusqu'ici, le règlement s'appliquait aux moteurs de recherche, stores, réseaux sociaux et messageries. Microsoft est déjà désignée contrôleur d'accès pour Windows et LinkedIn, mais l'ajout d'Azure en ferait l'entreprise la plus largement régulée sous le DMA. AWS rejoindrait quant à elle Amazon, déjà dé