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"J'avais une masculinité toxique" : au procès Aramburu, la personnalité des deux principaux accusés débattue sous le prisme de la violence
Au deuxième jour du procès de Loïk Le Priol et Romain Bouvier devant la cour d'assises de Paris, les débats se sont concentrés sur le passé des deux hommes, marqué par la violence, y compris dans leur amitié.
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Dans le box, comme la veille, les deux principaux accusés ne se parlent pas et échangent à peine un regard. Mais lorsque le président de la cour d'assises de Paris demande à Romain Bouvier de décrire ce qu'il pensait de Loïk Le Priol quand ils étaient de proches amis, soit avant la nuit du 19 mars 2022 durant laquelle Federico Martin Aramburu a été tué, il ne tarit pas d'éloges, teintés de références martiales. "M. Le Priol, je ne m'en suis jamais caché, je le considérais comme un héros de guerre", a assumé Romain Bouvier, mardi 8 septembre, lors de la deuxième journée d'audience de ce procès, consacrée aux enquêtes de personnalités.
Les passés de Romain Bouvier, poursuivi pour tentative d'assassinat, et de Loïk Le Priol, accusé d'assassinat, présentent un dénominateur commun : la violence. Celle-ci transparaît aussi bien dans leurs parcours respectifs que dans le socle de leur relation amicale. Tous deux ont gravité, au début des années 2010, autour du GUD, un groupuscule d'extrême droite dissous par le gouvernement en juin 2024 en raison de son idéologie suprémaciste et de ses actions violentes. Devant la cour, Romain Bouvier, 35 ans, a plusieurs fois tenté de dédiaboliser ce syndicat étudiant qui, à l'époque où il en fréquentait certains membres, "se présentait aux élections du Crous" et était bien vu, selon lui, par "de nombreux profs de la faculté de droit d'Assas", où il étudiait.
Lui et Loïk Le Priol ont affirmé qu'ils n'avaient jamais été encartés au GUD et qu'ils n'en partageaient pas les idées. Romain Bouvier a expliqué qu'il s'en était rapproché de manière indirecte car il s'était lié d'amitié avec Edouard Klein, ex-leader du groupuscule. Son propre père, mort en 2008 d'une crise cardiaque, a également fait partie du GUD, a-t-il déclaré devant la cour. Loïk Le Priol, 32 ans, a de son côté admis que si on lui avait demandé, lorsqu'il était plus jeune, s'il faisait partie du GUD, il aurait pu répondre "oui" pour s'en "gargariser".
"A une période de ma vie, j'ai pu être perméable à un certain discours."
En 2016, il a créé une marque de vêtements du nom de "Babtou solide certifié", comme l'a rappelé son enquêtrice de personnalité. Lors de l'audience, un avocat de la défense, Yann Le Bras, lui a demandé les chiffres de son code PIN. Loïk Le Priol a balayé la question et l'avocat a alors répondu à sa place, affirmant que le code comporte le numéro "88", un code secret utilisé par les néonazis qui signifie "Heil Hitler". "On peut tout faire dire aux chiffres", a rétorqué Loïk Le Priol.
En 2015, Romain Bouvier et Loïk Le Priol ont participé au passage à tabac d'Edouard Klein. Ils ont été condamnés en juin 2022 à respectivement trois et deux de prison ferme dans ce dossier, après un contrôle judiciaire qu'ils n'ont pas respecté. Celui-ci leur imposait de ne pas se fréquenter et de ne pas porter d'armes, or ils ont enfreint ces deux règles la nuit où Federico Martin Aramburu est mort. A propos des violences commises en réunion sur Edouard Klein, "c'était un déferlement de violences et d'humiliations abjectes, a concédé Romain Bouvier. J'avais une masculinité toxique." Selon lui, l'ancien chef du GUD "violentait ses compagnes", mais "c'était à la justice de s'occuper de ça".
Devant la cour d'assises, Loïk Le Priol a reconnu qu'il avait beaucoup baigné, durant sa jeunesse, dans des soirées alcoolisées et les bagarres qui vont avec, au-delà de l'épisode "Klein", et qu'il remettait en cause cette facette de sa vie, violence comprise. Le président de la cour est revenu sur ses propos glaçants, tels que relatés dans la presse ces derniers jours. A un surveillant de prison, il aurait dit, à propos de la soirée tragique ayant conduit à la mort de