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A Carcassonne, les dérapages racistes d'un policier municipal
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Sa caméra, qu’il pensait éteinte, a tout enregistré. En pleine patrouille à Carcassonne, un policier municipal a tenu des propos racistes et sexistes. Une enquête judiciaire est ouverte depuis janvier. Après la révélation des images huit mois plus tard, le maire a annoncé la suspension de l’agent, mercredi 9 septembre.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Des policiers municipaux patrouillent dans les rues de Carcassonne (Aude). Les images et les conversations sont issues d'une caméra piéton portée par l'un des quatre policiers, qui pensait l'avoir éteinte. "Au mois de décembre, la zone sera claire là. Parce qu'avec les forains, tu vois, les punks à chiens et les bougnoules... Ils aiment pas ça, ils règlent ça entre eux", l'entend-on dire.
Au total, 6 heures d'enregistrement, au cours desquels on entend des propos racistes, misogynes et complotistes, ont été publiés mardi 8 septembre par le Midi Libre. Dans la vidéo, ils sont appelés par une automobiliste qui pense avoir percuté un animal. Le policier la rassure. Mais lorsqu'il raccroche, les propos sont tout autres : "Une vieille, elle a percuté un bougnoule apparemment. Un petit Kirikou. Kirikou dans la savane, il est percuté. Il est venu en France, il est percuté par un véhicule", s'amuse-t-il.
Lorsqu'ils rentrent au poste des policiers, ils débriefent avec leurs collègues : "J’en peux plus. Tout à l’heure on était sur Carnot, du bicot, du nègre, du nègre, du bicot… Ça c’est la France. (...)" L'auteur principal soupçonné d'avoir tenu les propos est un brigadier-chef, ancien militaire et adhérent au Rassemblement national. Sur des images en février dernier, on le voit assurer bénévolement la sécurité de Jordan Bardella, sur d'autres en compagnie du maire actuel.
Dans l'après-midi de mercredi, ce dernier affirme l'avoir mis à pied, et dit n'avoir jamais vu la vidéo. "Ces propos sont scandaleux. Propos racistes, misogynes, homophobes et complotistes qui sont à vomir et qui sont inexcusables", a dénoncé Christophe Barthès, le maire (RN) de Carcassonne.
Les images ont fuité au sein du poste de police fin 2025. Une enquête administrative a aussitôt été ouverte. Selon le maire, les conclusions de l'enquête n'ont pas déterminé qui des quatre policiers était auteur des propos. Le Parquet a demandé la mise à pied des quatre policiers municipaux. Dans la soirée, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a réagi : "Les propos sont indignes de l'uniforme de la police municipale et des valeurs de la République."
L'affaire embarrasse le Rassemblement national, qui ce soir a exclu du parti le policier municipal mis en cause.
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