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Les fausses pharmacies en ligne continuent de gangréner internet en France
Les fausses pharmacies en ligne continuent de proliférer, et la France figure toujours parmi les pays les plus touchés. Avast, qui essaie de protéger ses utilisateurs contre le phénomène, affirme que 7 173 domaines malveillants ont été bloqués depuis 2024.
Parce qu'on a parfois du mal à croire qu'une pharmacie, physique en ligne, peut se jouer de nous, certains malfrats en profitent. Derrière des interfaces impeccables, des photos de médecins au sourire Colgate et des prix à faire rougir votre officine de quartier, se cachent des sites conçus pour tromper leurs visiteurs. Ces plateformes frauduleuses, baptisées PharmaFraud par les experts d'Avast, vendent des médicaments sans ordonnance tout en subtilisant données personnelles, médicales et, évidemment, bancaires. Et la France reste dans le peloton des pays les plus touchés par ces faux sites.
Le niveau de sophistication de ces arnaques à la pharmacie en ligne est parfois poussé, comme en témoignent les captures d'écran fournies par Avast à Clubic. Des sites tels que « 77Pharmacy » ou « topharm24 » soignent tous les détails avec le bon médecin en blouse blanche, le chat en direct 24h/24, le certificat SSL mis en avant, et des numéros de téléphone allemands ou britanniques affichés pour inspirer confiance. De loin, rien ne les distingue d'une vraie pharmacie en ligne.
Sauf qu'en regardant leur catalogue, on peut vite comprendre l'entourloupe. Les médicaments contre la dysfonction érectile trustent 41 % de l'offre. Viagra, Cialis et autres génériques à prix dérisoires sont en tête d'affiche. On trouve aussi de faux substituts aux traitements contre l'obésité ou le diabète, comme l'Ozempic ou le Rybelsus, dont la popularité explose depuis quelques années, ou encore la Metformine, souvent détournée à des fins d'amaigrissement. Les antibiotiques, stéroïdes et hormones complètent le tableau des médicaments qui, dans une vraie pharmacie, nécessitent obligatoirement une ordonnance et un suivi médical. Ici, il n'y a rien de tout ça, quelques clics suffisent.
La mécanique de séduction repose sur des leviers psychologiques bien rodés. Dans la liste, on peut vous citer les prix imbattables pour attirer, les ruptures de stock annoncées pour créer l'urgence, la possibilité d'acheter sans donner son nom pour rassurer les plus méfiants. Chaque détail est pensé pour faire craquer. Les remises sont affichées à -33 % sur l'ensemble du catalogue, un chiffre précis et suffisamment élevé pour créer le doute immédiatement. Quant au paiement en cryptomonnaie, il est proposé comme une option pratique, alors qu'il sert surtout les escrocs. Les transactions en crypto sont quasi impossibles à tracer et à annuler, contrairement à un virement bancaire classique.
Au premier semestre 2026, les pays les plus exposés selon le ratio de risque établi par Avast sont notamment l'Espagne, la Suisse, le Canada, la Grèce, Chypre, l'Autriche et la Serbie. La France complète ce palmarès peu enviable, une présence hélas récurrente, déjà constatée en 2025.
Depuis 2024, Avast dit avoir identifié et bloqué 7 173 noms de domaine malveillants liés à ces fausses pharmacies, autrement dit, 7 173 adresses web frauduleuses rendues inaccessibles, pour éviter que les internautes puissent s'y faire piéger. Sur les seuls six premiers mois de 2026, ce travail de surveillance a permis de protéger environ 503 000 utilisateurs dans le monde, selon l'éditeur de cybersécurité. Ce sont donc autant de personnes qui, sans ce bouclier, auraient potentiellement pu commander de faux médicaments, mais aussi, et c'est souvent là le vrai objectif des escrocs, laisser leurs coordonnées bancaires, leur adresse, ou des informations sur leur état de santé entre de mauvaises mains.
Le phénomène ne faiblit pas. Et malgré les efforts des uns et des uns pour essayer de l'endiguer, les PharmaFraud ne s'arrêteront pas. À ce jour, en tout cas, on parle d'une industrie souterraine, rodée, qui ne montre aucun signe de ralentissement.