// CLUBIC — MODA & SOCIETÀ
Tesla veut remplacer les voitures de prêt par ses robotaxis
Tesla envisage de remplacer la voiture de prêt par un trajet en Robotaxi lors des passages en atelier. Cette option a été repérée dans le code de son application et serait limitée aux métropoles américaines où le service circule déjà. En France, un conducteur doit garder les mains prêtes à reprendre le volant, même dans les essais du FSD Supervised récemment autorisés.
Si vous êtes client chez Tesla et que votre voiture est immobilisée au garage, vous pouvez bénéficier d'une voiture de courtoisie, sous réserve de disponibilité, ou parfois un crédit Uber quand le parc de prêt est vide.
Mais bientôt, ce ne seront plus les seules options. Le site spécialisé Not a Tesla App a repéré, dans la version 4.60.5 de l'application Tesla, un nouveau sélecteur de transport pour les rendez-vous de service. Ces options sont sv_transport_robotaxi pour un trajet en Robotaxi, sv_transport_paid_loaner pour un prêt facturé, sv_transport_e_bike pour un vélo électrique et sv_transport_bolt pour un partenaire tiers.
Pour le site InsideEVs, la première renvoie à la flotte Cybercab, qui, nous le savons désormais, roule sans volant ni pédales. Le nom Bolt renvoie de son côté à la plateforme européenne de covoiturage.
Et comme nous y sommes habitués, Tesla n'a communiqué ni date ni liste de centres concernés, et la fonction est, à l'heure où nous écrivons ces lignes, désactivée dans l'application.
Tesla connaît l'emplacement du véhicule en réparation, la durée prévue de l'intervention et l'adresse du client. Un Robotaxi pourrait donc récupérer le client juste après le dépôt de sa voiture, puis transporter d'autres passagers payants jusqu'à l'heure du retour. Sur une journée entière, le constructeur limiterait l'immobilisation d'un véhicule de prêt, réduirait les crédits Uber versés à ses clients et ferait la démonstration de sa conduite autonome auprès de clients qui n'auraient rien demandé, mais si jamais…
Actuellement, les Robotaxi de Tesla roulent à Austin, Dallas, Houston, Miami, Orlando, Tampa et dans la baie de San Francisco, parfois encore avec un conducteur de sécurité à bord selon la réglementation locale. Selon Not a Tesla App, Tesla activerait d'abord ce service dans les centres proches de Giga Texas, où le constructeur teste la majorité de ses évolutions avant de les étendre à d'autres marchés.
Mais ne nous emballons pas. Aux États-Unis, la NHTSA a ouvert une enquête sur le Cybercab au début du mois, deux jours après son lancement commercial. Ce régulateur fédéral encadre la sécurité automobile outre-Atlantique et veut vérifier si Tesla a correctement certifié un véhicule sans volant, sans pédales ni rétroviseurs, au regard de normes conçues pour des voitures conduites par un humain. Le constructeur n'a déposé aucune demande d'exemption, alors que la NHTSA peut en accorder jusqu'à 2 500 par an et par constructeur. Au moment de l'ouverture de l'enquête, quarante-cinq Cybercab étaient enregistrés, sur les 1 000 véhicules prévus pour ce déploiement progressif.
Alors c'est bien joli tout cela, mais en France, est-ce qu'un tel service serait viable ? C'est compliqué, d'autant qu'on parle ici de deux principes différents.
Tesla vient d'obtenir l'autorisation de tester le FSD Supervised sur route ouverte, avec deux véhicules suivis par l'UTAC. Cet organisme conduit les homologations automobiles en France, indépendamment des données transmises par Tesla. Quelques semaines plus tôt, le ministre des Transports Philippe Tabarot avait refusé cette autorisation, car les garanties de sécurité étaient jugées insuffisantes. Il a finalement retourné sa veste après une visioconférence avec Elon Musk, alors que Tesla avait accumulé plus de 5 000 trajets supervisés dans le pays depuis décembre. Le constructeur défend par ailleurs son bilan de sécurité en Europe. Dans un nouveau tableau de bord, Tesla indique jusqu'à 69 % d'accidents en moins par rapport à la conduite classique.