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Actualité : “Celui qui gagne sur l’IA gagne tout” : Donald Trump ne veut pas ralentir son développement, malgré des risques majeurs
Alors qu’OpenAI, Anthropic et xAI veulent lever le pied sur le développement de l’IA, Donald Trump va à contre-courant pour ne pas perdre cette nouvelle ruée vers l’or face à la Chine.
© Rawpixel/Shutterstock - Donald Trump ne veut pas perdre la course à l’IA malgré les risques majeurs que les modèles représentent.
Tous les patrons de l’IA viennent de tirer la sonnette d’alarme, mais la Maison-Blanche refuse catégoriquement de limiter la cadence de développement des modèles les plus avancés. Donald Trump balaye lui aussi ces avertissements d’un revers de main. Pour le président américain, il est impensable de marquer une pause face à Pékin. Un refus qui fait définitivement basculer l’avenir de l’intelligence artificielle sur la scène politique, alors que les dérives se multiplient de façon inquiétante.
Depuis le parcours de golf de Doonbeg, en Irlande, Donald Trump n’a pas mâché ses mots. Tandis que Dario Amodei (Anthropic), soutenu par Sam Altman (OpenAI) et Elon Musk (xAI), réclame une pause concertée face au risque d’emballement de modèles capables de s’auto-améliorer, le président américain refuse toute régulation fédérale.
“Nous devançons la Chine dans l’IA, nous sommes le pays le plus sophistiqué au monde et je veux que cela reste ainsi. Celui qui gagne sur l’IA gagne tout”, a-t-il affirmé, attribuant ces alertes inédites à de vagues “forces négatives”. Pour lui, l’enjeu économique prime : l’IA porte les records historiques de la bourse à Wall Street, un argument électoral majeur avant les élections de mi-mandat de novembre 2026.
Quelques heures plus tard, à bord de l’avion le ramenant à Washington, le président a toutefois cherché à tempérer ses propos après avoir discuté avec certains des dirigeants concernés. Affirmant qu’il ne cherchait pas à “minimiser” l’ampleur de leurs avertissements, Donald Trump reste des plus optimistes, soulignant que la technologie finira par apporter “beaucoup plus de bien que de mal, et de très loin”.
Ce refus d’imposer des garde-fous étatiques s’inscrit dans la stricte continuité d’une politique de dérégulation, marquée dès l’investiture de Donald Trump par l’abrogation du décret Biden encadrant les risques de ces technologies. David Sacks, conseiller IA en chef de la Maison-Blanche, a d’ailleurs rejeté toute dérogation aux règles de la concurrence.
Pas question donc d’accorder un passe-droit juridique aux labos rivaux pour qu’ils s’entendent entre eux sur des limites communes, même au nom de la sécurité. Ce sera désormais aux géants de la tech d’assumer leurs responsabilités, quitte à se retrouver seuls au banc des accusés si l’un de leurs systèmes venait à provoquer un désastre économique ou cybernétique incontrôlable.
Une intransigeance présidentielle qui divise jusqu’au sein des républicains, tandis que l’opposition démocrate dénonce un laisser-faire aveugle face aux risques de cyberattaques massives. Anthropic dévoilait récemment un rapport alarmant de 160 pages relatant des actes malveillants opérés avec ses modèles, déjoués depuis.
Trump préfère, et sans grande surprise, la suprématie américaine au principe de précaution. Face au spectre d’une IA devenue incontrôlable, Washington fait ainsi le choix d’une accélération sans compromis pour cette technologie.