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Redémarrer Fessenheim comme les Américains ? Pourquoi la France s’y refuse (pour l’instant)
Sur les rives du lac Michigan, sur le site de la centrale nucléaire de Palisades, il y a de l’agitation dans l’air, et c’est loin d’être un hasard. Définitivement arrêtée en 2022, cette centrale s’apprête à avoir une nouvelle vie grâce aux efforts, et aux investissements financiers de l’entreprise Holtec.
Très peu de temps après l’arrêt de la centrale, cette entreprise américaine s’est mise en tête de la redémarrer pour aller au bout de sa durée de vie initialement prévue, à savoir 60 ans.
Pour y parvenir, Holtec a dû mettre les petits plats dans les grands, et surtout investir 1,5 milliard de dollars (environ 1,4 milliard d’euros), en grande partie via un prêt garanti par le département américain de l’Énergie, pour moderniser les installations et les rendre conformes à une nouvelle visite de l’autorité de sûreté nucléaire américaine.
Depuis début septembre 2026, l’heure est au chargement du combustible, une étape cruciale pour permettre le redémarrage de l’unique réacteur de la centrale.
Une fois le combustible chargé, il reste encore une série de tests et d’inspections avant l’autorisation finale, et Holtec n’a pas fixé de date ferme pour la remise en service. Le réacteur, d’environ 800 mégawatts, doit à terme fournir une électricité bas carbone à l’équivalent de plus de 800 000 foyers et renforcer la stabilité du réseau électrique du Michigan.
Aux États-Unis, ce redémarrage d’un réacteur nucléaire définitivement arrêté est une première historique. L’évènement témoigne d’un monde qui mise de plus en plus sur le nucléaire pour tenter d’approcher la neutralité carbone d’ici 2050.
Cette première historique outre-Atlantique risque de donner des idées. En France, il y a bien une centrale qu’on pourrait vouloir redémarrer : Fessenheim. D’ailleurs, en 2025, le RN était parvenu à inscrire dans un texte de loi sur le futur énergétique de la France le redémarrage de Fessenheim.
En réalité, le redémarrage de la centrale, qui avait été mise hors-service en 2020, est quasi mission impossible pour plusieurs raisons :
D’ailleurs, pour le premier démantèlement du parc nucléaire moderne, EDF veut montrer l’exemple et en faire une vitrine de son savoir-faire. L’électricien veut boucler ce chantier en seulement 22 ans, pour un coût de 1,4 milliard d’euros. Le chantier s’annonce colossal avec 405 000 tonnes de matériaux à évacuer puis à traiter en fonction du niveau de radioactivité.
Le démantèlement complet de Fessenheim a été autorisé par un décret publié début mai 2026, et le site est officiellement entré en phase de déconstruction le 25 juin 2026. EDF prévoit d’y mobiliser en moyenne 300 personnes par an jusqu’en 2048.