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On pensait les antioxydants protecteurs : dans certaines tumeurs, ils pourraient au contraire aider le cancer
La mort cellulaire programmée joue un rôle essentiel dans le renouvellement et le bon fonctionnement de nos tissus. Mais lorsque ce mécanisme se dérègle, certaines cellules échappent à la mort, se multiplient de façon incontrôlée et peuvent favoriser l’apparition de cancers. Décryptage.... Lire la suite
Les aliments ultra-transformés occupent une place croissante dans notre alimentation et leur impact sur la santé interroge. Leur consommation pourrait-elle être associée à un risque accru de cancer chez les hommes ? Des chercheurs ont tenté d’y répondre en analysant les habitudes alimentaires de quelque 17 000 Américains sur une période de 20 ans.... Lire la suite
Les radicaux libres ont mauvaise réputation. Ils endommagent l’ADN et sont associés au vieillissement et au cancer. Mais une découverte surprenante vient bousculer cette vision : certaines cellules immunitaires ont besoin de ces molécules pour s’attaquer aux tumeurs, qui ont justement trouvé le moyen de les neutraliser.
L'oxygène est un paradoxe. Indispensable à la vie, c'est aussi une molécule hautement réactive, potentiellement toxique pour l'organisme. Il est capable de donner naissance à des molécules instables susceptibles d'occasionner des dégâts considérables à nos cellules, notamment à l'ADN, et d'augmenter le risque de cancer et le vieillissement. On nomme ces dérivés « espèces réactives de l'oxygène » (reactive oxygen species, ou ROS) ou encore « radicaux libres ».
C'est pour neutraliser ces molécules hautement toxiques que l'on recommande généralement de consommer des aliments riches en antioxydants (polyphénols, caroténoïdes, vitamine C, vitamine E, etc.) ou de se complémenter. Malheureusement, les essais cliniques menés à ce jour indiquent clairement que la prise d'antioxydant sous forme de compléments n'offre pas la protection espérée contre le cancer. Des scientifiques ont même montré que certains compléments augmentent le risque de cancer, notamment de la peau, des poumons ou de la prostate.
La mort cellulaire programmée joue un rôle essentiel dans le renouvellement et le bon fonctionnement de nos tissus. Mais lorsque ce mécanisme se dérègle, certaines cellules échappent à la mort, se multiplient de façon incontrôlée et peuvent favoriser l’apparition de cancers. Décryptage.... Lire la suite
Comment expliquer ce paradoxe ? La question est débattue depuis plusieurs années. Mais une équipe de chercheurs britanniques a peut-être trouvé la réponse à cette question. Selon les résultats de leur étude, publiée dans la célèbre revue Science, les ROS seraient indispensables à l'activation de certaines cellules immunitaires chargées de détruire les cellules cancéreuses.
Les lymphocytes T, des cellules immunitaires chargées de détruire les cellules cancéreuses, auraient besoin d’une petite dose de radicaux libres pour accomplir leur mission. © Anusorn, Adobe Stock
En analysant le liquide entourant les cellules au sein des tumeurs, les scientifiques ont découvert que les cellules cancéreuses créent un environnement riche en antioxydants qui « étouffent » chimiquement les lymphocytes T. L'équipe a aussi identifié des taux élevés d'une enzyme antioxydante appelée peroxyrédoxine-1 (PRDX1) capable de neutraliser les ROS dans le microenvironnement tumoral, privant ainsi les lymphocytes T des signaux nécessaires à leur activation et à l'attaque des cellules cancéreuses.
« L'une des découvertes surprenantes est que les antioxydants ne sont pas toujours bénéfiques dans le contexte du cancer, commente le Docteur Robert L. Eil, un des principaux auteurs de l'étude. Bien que les espèces réactives de l'oxygène puissent sembler dangereuses, les lymphocytes T en ont en réalité besoin pour accomplir leur mission de lutte contre les tumeurs. Nous avons découvert que les tumeurs peuvent exploiter cette dépendance des lymphocytes T en éliminant les espèces réactives de l'oxygène dont le système immunitaire a besoin. »