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Un médicament conçu avec l’IA fait apparaître le sang plusieurs années plus jeune !
Le médicament, baptisé rentosertib, a été conçu à l’origine pour traiter une maladie pulmonaire. Mais les chercheurs se sont aperçus qu’il avait permis de rajeunir biologiquement le profil sanguin des patients l'ayant testé.
Et si on pouvait changer notre âge biologique ? C'est ce qui pourrait bientôt arriver selon une étude récemment publiée dans la revue Nature Biotechnology. Ces travaux se sont intéressés aux effets d'un nouveau médicament développé avec l'aide de l'intelligence artificielle. Il a été conçu pour traiter la fibrose pulmonaire idiopathique (FPI), mais il pourrait également agir sur les processus biologiques liés au vieillissement. Une première.
Le rentosertib est un médicament développé par des scientifiques et l'intelligence artificielle, pour traiter la fibrose pulmonaire idiopathique. Cette maladie chronique touche généralement les personnes âgées et se caractérise par une cicatrisation progressive et irréversible des tissus des poumons, rendant la respiration de plus en plus difficile. Le mot « idiopathique » signifie qu'on ne connaît pas la cause exacte de cette affection. L'inflammation, les lésions cellulaires et les troubles de la réparation tissulaire caractéristiques de la FPI, sont des modifications biologiques semblables à certaines observées lors du vieillissement.
Le rentosertib a été testé sur 71 personnes atteintes de FPI. Les chercheurs ont été étonnés de constater que ce médicament développé avec l'intelligence artificielle avait permis de rajeunir les cellules sanguines de personnes atteintes de cette maladie pulmonaire. Pour mieux comprendre comment cela a pu être possible, les scientifiques ont réanalysé des échantillons sanguins prélevés lors d'un précédent essai clinique du rentosertib. Lors de l'essai initial, les 71 personnes atteintes de FPI ont reçu l'une des trois doses de rentosertib ou un placebo. Pour cette nouvelle analyse, les chercheurs ont examiné les échantillons de 42 participants, âgés en moyenne de 67 ans.
Dans ces échantillons, ils ont mesuré près de 3 000 protéines dans le sang. L'inflammation, les maladies, la consommation d'énergie, les lésions tissulaires et le vieillissement peuvent tous laisser des traces reconnaissables dans ces molécules. Les profils biologiques de chaque participant ont ensuite été passés au crible par six horloges biologiques du vieillissement. Certaines avaient été mises au point pour estimer l'âge d'une personne, tandis que d'autres étaient conçues pour prédire les risques pour la santé et la mortalité.
Ces horloges biologiques sont en fait des modèles informatiques d'IA. Chacune d'elle produit des estimations selon la dose de médicament administrée et le stade du traitement. Les chercheurs ont été surpris de voir que, même si chaque horloge a produit une estimation différente, les six horloges ont détecté une évolution dans le même sens, à savoir un rajeunissement des cellules sanguines grâce au rentosertib. Les personnes ayant reçu le traitement placebo n'ont pas vu leur profil sanguin rajeunir. Certaines horloges ont même suggéré une augmentation de l'âge biologique du groupe placebo. Les résultats les plus spectaculaires ont été observés après quatre semaines de traitement.
Dans le groupe recevant 60 mg une fois par jour, les horloges biologiques conçues pour estimer l'âge chronologique ont montré des réductions allant de 2,71 à 3,46 ans. D'autres horloges et groupes de dosage du rentosertib ont donné des résultats différents, notamment des réductions plus élevées de l'âge biologique après analyse des organes individuels. De ce fait, les chercheurs n'ont donc pas pu établir de valeur unique correspondant à la réduction globale de l'âge biologique induite par le rentosertib.
Mais ce qu'il faut retenir, c'est que toutes les horloges biologiques ont détecté une baisse de l'âge biologique chez les personnes ayant reçu le médicament. Les chercheurs ont également remarqué que le rentosertib a modifié les niveaux de 326 protéines, contre