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Actualité : “J'ai beaucoup à dire" : le premier implant cérébral entièrement sans fil redonne la parole à une patiente paralysée
Une Américaine de 68 ans, privée de voix par une maladie neurodégénérative, a conversé en temps réel avec ses petits-enfants grâce à un implant capable de lire jusqu'à ses pensées silencieuses.
© Capture YouTube / University of Michigan / Paradromics - La première patiente de l'essai Connect-One rit aux côtés du Dr Matthew Willsey, neurochirurgien à l'University of Michigan Health, qui a réalisé l'implantation en juin 2026. La sangle noire sur sa poitrine abrite le récepteur sans fil du Connexus.
"OK, j'ai beaucoup à dire." La phrase, décodée sans la moindre erreur, est la première que cette femme du Michigan a librement choisie via l'implant Connexus de Paradromics. Atteinte de sclérose latérale primaire, une maladie qui ronge les neurones moteurs contrôlant la parole, la déglutition et la marche, elle conserve un filet de voix devenu inintelligible pour la plupart de ses interlocuteurs.
En juin 2026, une équipe chirurgicale de l'University of Michigan Health lui a implanté le dispositif : plus de 400 microélectrodes enfoncées dans le cortex, reliées à un émetteur-récepteur logé dans la poitrine, le tout communiquant sans fil avec un ordinateur externe.
Le système capte les signaux neuronaux bruts et les traduit en texte et en voix de synthèse grâce à l'intelligence artificielle. La patiente a pu tenir des conversations spontanées, répondre à des questions ouvertes et appeler ses petits-enfants par téléphone. Particularité remarquable : le Connexus distingue trois types d'activité cérébrale liés à la communication. Les signaux produits quand elle tente de parler, quand elle imagine ses mots, et quand elle écoute quelqu'un.
On voit la représentation des mots et des phonèmes, qu'elle essaie de les dire, qu'elle les imagine, ou qu'elle les écoute.
Le décodage de la parole imaginée reste encore imprécis, "comme si ça entrait et sortait du focus" selon Vikash Gilja, directeur scientifique de l'entreprise. La clarté devrait progresser avec l'entraînement.
"Dites à ma famille que je me sens très bien." Une phrase décodée en temps réel par le Connexus et affichée à l'écran, pendant que la patiente converse avec l'équipe de recherche.
Edward Chang, chef de la neurochirurgie à l'UCSF et pionnier du domaine, salue le caractère entièrement autonome et sans fil du système. Les travaux académiques antérieurs, y compris les siens, imposaient un câble branché sur un port crânien, avec les risques infectieux et la perte de mobilité que cela suppose. Le système BrainGate, par exemple, atteint 99 % de précision et 56 mots par minute chez un patient atteint de SLA, mais exige une connexion filaire permanente au crâne.
Le patient Casey Harrell, atteint de SLA, utilise l'interface cerveau-machine BrainGate depuis son domicile à Sacramento. Les capteurs crâniens, reliés par câble à un ordinateur, traduisent son activité neuronale en texte avec 99 % de précision. Ici, le câble reste indispensable : c'est précisément cette contrainte que le Connexus de Paradromics élimine avec son architecture entièrement sans fil.