// CLUBIC — MOBILE & WEB
Traité d'arnaqueur sur Facebook, un invité de Cyril Hanouna voulait l'identité de ses détracteurs, la justice lui dit non
Un entrepreneur habitué des plateaux télé s'estimait injurié par des commentaires publiés sous une vidéo Facebook, après son passage dans l'émission Tout Beau Tout N9uf, de Cyril Hanouna. Il réclamait à Meta l'identité des auteurs. Le tribunal lui a dit non.
Invité de l'émission « Tout Beau Tout N9uf » animée par Cyril Hanouna sur W9 en janvier dernier, un entrepreneur avait reçu une salve de commentaires désobligeants, sous une vidéo mise en ligne sur la page Facebook du talk-show, suivie par près de 5 millions d'internautes. Peut-on obliger le réseau social à révéler l'identité d'un internaute qui vous traite d'« arnaqueur » en commentaire, comme le réclamait cet invité ? C'est la question que le juge des référés du tribunal judiciaire de Paris a dû trancher le 4 septembre 2026, comme le révèle Clubic.
Le 26 janvier 2026, un extrait d'interview de cet entrepreneur est publié dans la section « Reels » sur la page Facebook de « Tout beau, tout neuf » (TBT9), l'émission que Cyril Hanouna anime avec succès sur W9 depuis septembre 2025. Cette vidéo est, aujourd'hui encore, toujours accessible au grand public. Le registre national des entreprises confirme que monsieur Yann Collet préside la SAS Réhabilitation de l'immobilier complexe, sous l'enseigne de laquelle il a fondé Squat Solutions, spécialisée dans le rachat de logements squattés, avant d'en négocier le départ des occupants. Un habitué des plateaux télé, dont l'activité ne laisse jamais les internautes indifférents.
Le fil des commentaires n'est pas toujours favorable à l'entrepreneur. Un premier internaute écrit qu'il « a une tête de bandit ». Un second lui répond et republie dans la foulée les propos tenus par un troisième utilisateur, cette fois expressément dirigés contre lui : « ce type est un arnaqueur […] il ne faisait que des magouilles ». Rien d'inédit sous des vidéos virales à visée sociétale, sauf que l'intéressé voit les messages et décide de ne pas laisser filer. Son avocat met alors en demeure la plateforme, le 25 février 2026, de retirer les propos sous 72 heures, tandis qu'un constat de commissaire de justice est dressé le lendemain, 26 février 2026, pour figer la preuve.
Avant d'en arriver là, l'invité de l'émission de W9 avait tenté une voie plus directe. Dans la décision, on apprend qu'il sollicite lui-même, le 13 février et par messagerie privée Facebook, un retrait des commentaires injurieux à l'amiable. Mais silence radio. Du côté de Meta, la maison-mère du réseau social de Mark Zuckerberg, un premier courrier électronique du 12 février accuse réception du signalement, puis un second, daté du 16 février, referme la porte. La plateforme indique ne pas parvenir à déterminer en quoi le contenu serait illégal. Dans l'impasse, l'entrepreneur porte plainte avec constitution de partie civile pour injure publique le 10 mars, avant d'assigner Meta en référé le 25 mars 2026. Il réclame le retrait des commentaires sous astreinte de 500 euros par jour, une provision de 5 000 euros pour préjudice moral, et le même montant au titre de ses frais de justice. Mais surtout, et ce sera l'un des points centraux de cette affaire, il veut qu'on lui communique les données permettant d'identifier les deux auteurs des commentaires litigieux.
Devant le tribunal, le demandeur s'appuie sur l'article 6-I-2 de la loi pour la confiance dans l’économie numérique (dite LCEN), qui impose aux hébergeurs d'agir rapidement pour retirer un contenu manifestement illicite, dès qu'ils en ont connaissance. Selon lui, le silence prolongé de Meta caractérise un manquement fautif qui justifie réparation, en plus de la divulgation de l'identité des internautes visés.
Le groupe invoque de son côté l'article 6 du règlement européen sur les services numériques (DSA), applicable depuis le 17 février 2024, nouveau texte phare sur le Vieux continent, qui a lui-même conduit le législateur français à retoucher la LCEN via la loi SREN du 21 mai 2024. La filiale irlandaise de l'entreprise américaine