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Anthropic a désormais un laboratoire secret de biologie, et veut que son IA Claude y dirige des robots
Anthropic ouvre un laboratoire de biologie à San Francisco pour son IA Claude. L'entreprise veut désormais que son IA Claude pilote elle-même des expériences biologiques, sans pour autant se lancer dans les essais cliniques.
En pleine période de mises en garde sur les risques existentiels de l'intelligence artificielle, et alors que beaucoup la pensaient cantonnée aux calculs et aux modèles génératifs, Anthropic met désormais les mains dans la paillasse. Selon des informations obtenues par Reuters et dévoilées ce vendredi 18 septembre, l'entreprise californienne a ouvert dans la plus grande discrétion un laboratoire physique dans la baie de San Francisco, où elle teste des protocoles biologiques réels plutôt que de simples simulations. Elle espère apprendre à son robot conversationnel Claude à diriger lui-même des robots de laboratoire, tout en évitant soigneusement le terrain glissant des essais cliniques, sur lequel jouent déjà les géants pharmaceutiques. On est loin du festival d'annonces du début de semaine.
Interrogé par nos confrères plus tôt dans la semaine, Eric Kauderer-Abrams, responsable des sciences de la vie chez Anthropic, a confirmé l'existence de cette installation. « Nous pensons que pour faire de la biologie, le test ultime reste et restera encore longtemps le travail en laboratoire réel », a-t-il expliqué, en précisant que l'entreprise partage ces travaux entre ses propres équipes et des partenaires extérieurs, comme le font la plupart des biotechs.
Un porte-parole a toutefois précisé que ce laboratoire n'est pas dédié spécifiquement à la découverte de médicaments, sans en dire davantage. Derrière cette initiative, se cache aussi une histoire personnelle. Car le patron d'Anthropic, Dario Amodei, a perdu son père à cause d'une maladie peu avant qu'un traitement efficace ne soit découvert, un épisode qui, dit-il, a nourri sa vision de l'entreprise, portée sur les maladies rares.
« La mission de l'entreprise est de développer une IA puissante qui profite au monde », résume Kauderer-Abrams, qui voit dans les sciences de la vie la plus grande opportunité pour concrétiser cet objectif. Lors d'un événement à San Francisco en juin dernier, il évoquait déjà l'idée de concentrer les efforts sur des zones que l'industrie pharmaceutique juge peu rentables, fort de sa conviction que l'IA pourrait débloquer des traitements pour des maladies qui ne peuvent pas être ciblés par des médicaments, et qui sont jusqu'ici jugées trop complexes.
Anthropic imagine qu'un jour Claude pourra diriger lui-même des robots de laboratoire, et qu'ils seront capables de manipuler des éprouvettes et instruments pour mener des expériences avec un minimum d'intervention humaine. Pour y parvenir, l'entreprise a lancé en août le Model Hardware Standard, une sorte de langage commun qui permet à son IA de « parler » directement aux machines et équipements scientifiques, un peu comme une télécommande universelle adaptée à la recherche. « Nous en sommes aux tout premiers balbutiements de l'automatisation du travail de labo par l'IA », reconnaît Kauderer-Abrams. Un porte-parole précise que la supervision humaine reste, pour l'instant, jugée indispensable pour la sécurité.
Ces deux dernières semaines, vous n'êtes pas sans savoir que des chercheurs d'Anthropic ont averti que l'IA pourrait, à terme, représenter une menace existentielle pour l'humanité. Dans le même temps, l'entreprise a reconnu que ses propres modèles pourraient théoriquement aider à développer des armes destructrices, biologiques même. Dario Amodei est même allé plus loin en appelant à ralentir le rythme de développement de l'IA, mettant en garde contre les dégâts catastrophiques qu'une intelligence artificielle plus puissante encore pourrait causer. Ici, on fait évidemment référence à un incident récent où des agents autonomes d'OpenAI avaient réussi à s'introduire dans les systèmes de Hugging Face, la plateforme de référence dans le monde pour les chercheurs en IA. On note qu'en