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REPORTAGE. "Un ultime crachat à la tête des familles de victimes" : à Paris, des milliers de manifestants dénoncent la loi sur la présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre
Quelques milliers de personnes, dont des députés de gauche et des représentants de syndicats de magistrats, défilent,dimanche, contre la proposition de loi sur la présomption d'usage légitime des armes par les forces de l'ordre.
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Cela revient, selon eux, à "un permis de tuer". Des milliers de personnes manifestent, dimanche 20 septembre, contre la proposition de loi sur la présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre. Adopté le 7 juillet dernier par les députés, le texte prévoit que policiers et gendarmes "sont présumés avoir agi" dans le respect de la loi quand ils "font usage de leurs armes". Il doit désormais être examiné par le Sénat et provoque une vague de contestation.
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"Tout le monde déteste la police !", scande la foule dans la manifestation parisienne, dense sur près d'un kilomètre. Les forces de l'ordre se font discrètes et restent plutôt à bonne distance ce qui ne les empêche pas d'entendre les slogans qui les visent. De nombreux manifestants sont bien informés sur cette proposition de loi qui veut instaurer une présomption d'usage légitime d'une arme par les policiers ou les gendarmes, comme Eyob.
"C'est aux familles, qui sont déjà épuisées par les processus judiciaires et par le deuil , qui vont devoir récolter des preuves, expose le jeune militant contre les violences policières. Preuves qui ne sont pas entre leurs mains parce qu'elles proviennent des caméras. Donc elles vont devoir se saisir d'outils et de mécanismes qu'elles ne maîtrisent pas et ça va inverser le rapport de forces. Cette loi, c'est une espèce d'ultime crachat à la tête des familles de victimes et plus généralement de toute personne qui croit que sa vie puisse être mise en cause par les forces de police."
D'après ces manifestants, déjà trop de monde meurt chaque année sous les balles des policiers, alors inutile d'en rajouter. "La police tue déjà (...), nous devons faire échouer cette loi" qui "ne doit pas être inscrite à l'ordre du jour du Sénat", a déclaré la députée insoumise Mathilde Panot, au départ du cortège parisien.
Une centaine de cortèges sont organisés pendant le week-end dans le pays, notamment à Marseille, Lyon, Lille ou encore Rennes. La pétition contre ce texte, qui a récolté 730 000 signatures sur le site de l'Assemblée nationale, a été classée par les députés membres de la commission des lois en juillet dernier.
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