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"Je n'ai jamais été en situation de conflit d'intérêts" : à son procès pour corruption, l'ex-eurodéputée Rachida Dati confrontée aux soupçons de lobbying pour Renault
L'ancienne députée européenne a été interrogée devant le tribunal correctionnel de Paris, lundi, pendant un peu plus de quatre heures, sur la façon dont elle a concilié son mandat et ses missions d'avocate, assurées pour le compte du constructeur automobile français.
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Lorsque Rachida Dati arrive à la barre, lundi 21 septembre, en début d'après-midi, elle se tient à nouveau bien droite, prête pour la suite de son interrogatoire, entamé jeudi soir. En cette troisième journée d'audience, la présidente du tribunal, Claire Saas, se focalise sur l'activité de Rachida Dati au cours de son premier mandat d'eurodéputée, entre 2009 et 2014. Car si l'élue se retrouve jugée devant le tribunal correctionnel de Paris, c'est notamment parce qu'elle est soupçonnée d'avoir servi "de cheval de Troie pour Carlos Ghosn et Renault, au sein du Parlement européen", comme le décrivent les juges d'instruction, en contrepartie de la coquette somme de 900 000 euros, versée pour trois ans.
Ce montant, ce sont ses honoraires d'avocate, une activité professionnelle qui démarre en février 2010. A l'époque, l'eurodéputée Rachida Dati n'y voit aucun mélange des genres : elle assume la double casquette. "J'ai forcément en tête de cloisonner. (...) J'ai toujours eu l'habitude de mener des activités les unes à côté des autres", justifie la prévenue, dont la tenue, tailleur pantalon foncé sur chemisier blanc, est toujours aussi soignée. Pourtant, comme le souligne la présidente du tribunal, c'est seulement 19 mois après sa prestation de serment que Rachida Dati fait connaître au Parlement européen sa qualité d'avocate. "Rien n'a été fait trop tard ou omis", rétorque l'ancienne eurodéputée, qui assure que toutes ses déclarations "étaient régulières" et "respectaient les règles du Parlement européen".
La présidente du tribunal, Claire Saas, le concède : c'est au fil des années que la réglementation du Parlement européen est devenue plus stricte. Néanmoins, à l'époque de l'élection de Rachida Dati, le code de conduite, dont des extraits sont projetés sur grand écran dans la salle d'audience, est déjà clair. Les eurodéputés ont interdiction de passer tout "accord les conduisant à agir ou à voter dans l'intérêt d'une personne physique ou morale tierce", doivent veiller "à éviter toute situation de corruption" et, "en cas d'ambiguïté", peuvent demander un "avis" au Comité consultatif sur la conduite des députés.
Pourquoi Rachida Dati n'y a-t-elle pas eu recours ? "Je n'ai jamais été en situation de conflit d'intérêts", assure-t-elle. Tous les actes de ma fonction ont été faits en cohérence avec mon mandat, et sans aucun lien avec mon client, qui était Renault-Nissan."
"Jamais personne ne m'a demandé une action de lobbying pour agir au sein du Parlement européen."
Ses déclarations se heurtent au bilan de son premier mandat d'eurodéputée. "Vous avez produit 72 questions écrites sous la 7e législature, dont trois concernant le secteur automobile", constate la présidente du tribunal. Selon les magistrats, ces trois questions écrites constituent les contreparties du pacte de corruption qui aurait été noué avec l'ex-PDG de Renault. Une activité de lobbying que Rachida Dati est soupçonnée d'avoir menée en dehors du cadre imposé par le Parlement européen.
Mais la prévenue conteste tout. Ces questions écrites étaient, à l'entendre, l'œuvre de ses assistants parlementaires, qui "identifiaient un sujet en lien avec l'actualité". Autre élément de preuve selon Rachida Dati : "Je n'ai jamais rencontré aucun membre du bureau de lobbyistes, je n'ai jamais rencontré un représentant de l'alliance, ou de Renault, sur ces questions parlementaires." "Ils n'avaient pas besoin de moi", complète-t-elle peu après. Rachida Dati l'assume : elle était "peu présente", au Parlement européen. "Je ne vivais pas sur place, je ne dormais pas sur place", justifie-t-elle.
Rachida Dati ne laisse pas ébranler : ses déclarati