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INFO FRANCEINFO. "Tu vas le faire, sinon…" : le chirurgien des stars Sydney Ohana mis en examen dans cinq nouvelles affaires de violences sexuelles
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Déjà poursuivi par la justice, depuis l’an dernier, notamment pour viols, et harcèlement sexuel, Sydney Ohana est désormais sous le coup de nouvelles mises en examen. Au total, dix femmes l’accusent de faits commis entre les murs de sa clinique parisienne, mais aussi dans la sphère privée.
Dans le bureau de la juge d'instruction, ce jour de mars 2026, Sydney Ohana s'inquiète : "Si les journaux entendent encore parler de ma mise en examen, c'est la fin de la clinique". Il faut dire que celui qu'on surnomme le chirurgien des stars a de quoi se faire du souci. Déjà mis en cause depuis un an pour trois faits, il sera, à l'issue de cet interrogatoire, mis en examen ou placé sous le statut de témoin assisté dans cinq nouvelles affaires : des faits de viols, de harcèlement sexuel et d'agressions sexuelles dont l'une sur mineure, commis entre 2007 et 2023. Au total, dix femmes le mettent en cause, et Sydney Ohana est mis en examen pour cinq d'entre elles.
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Comme il le souligne le chirurgien de 75 ans, a alors beaucoup à perdre. Lui qui profitait, au moment de sa garde à vue en mars 2025, des fruits d'une ascension sociale et professionnelle vertigineuse. Au fil des années, "le petit Marocain", que son "père met dans un avion en pleine nuit à 14 ans" et qui "débarque" en France sans rien, comme il le raconte lui-même, a gravi les échelons jusqu'à devenir l'un des visages les plus connus de la chirurgie esthétique en France.
Ancien président du Syndicat français de la chirurgie esthétique, habitué des plateaux télé, fait chevalier de la Légion d'Honneur en 2006, il s'affiche en photo sur les réseaux sociaux aux côtés de l'actrice Nathalie Portman, de l'ancienne ministre Simone Veil, du président Emmanuel Macron, et du couple Sarkozy. Il accompagnera même Carla Bruni, alors Première dame, en visite dans un hôpital israélien en 2008. "Si vous regardez mes livres d'or, ça monterait à la tête de n'importe qui", résume d'ailleurs Sydney Ohana devant la juge d'instruction au printemps 2026.
Ce jour-là, c'est pourtant une face beaucoup plus sombre de sa vie qui est au cœur des discussions. Des délits et crimes sexuels qui lui sont reprochés par dix femmes au total, au sein de la clinique Eiffel, dont il est le fondateur, mais aussi dans sa vie privée où règne, assure l'une de ses accusatrices "une banalisation de l'exploitation sexuelle" des femmes.
Celle qui prononce ces mots - nous l'appellerons Mia -, a côtoyé pendant plusieurs mois Sydney Ohana. Le chirurgien entretient, à l'époque, une relation avec sa sœur. Au printemps 2019, Mia se rend donc à plusieurs reprises chez Sydney Ohana. Lors de sa troisième visite, sa sœur s'absente pour une course. Alors que Mia est assise avec lui sur le canapé, le médecin se rapproche et met, selon elle, sa main "à l'intérieur" de sa cuisse.
Auditionnée par la juge d'instruction en mars 2026, Mia se souvient avoir "commencé à paniquer". "Il avait déjà fait des remarques graveleuses, mais je pensais que c'était juste un vieux papi pervers, pas qu'il allait se jeter sur moi", raconte Mia.
La suite, la jeune femme a aussi accepté de la confier à franceinfo. "J'ai été dépassée par les évènements, il m'a empoigné le bras, tout s'est figé, j'ai eu peur, je me suis laissée trainer. Durant le viol, je n'ai pas arrêté de penser à ma sœur, j'étais en pilote automatique, glacée dans la poitrine, comme si quelque chose allait s'abattre sur moi. J'avais envie de vomir, je me suis comportée comme un automate, et cela s'est fait dans une atmosphère de normalité totale, comme si il n'y avait aucun problème. Après cela, je me suis juré que ça n'arriverait plus jamais. Que je préfèrerais un combat à mort, qu'on se batte physiquement plutôt que de le laisser refaire ça".