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"Je n'ai jamais voulu le toucher" : au procès de l'assassinat de Federico Martin Aramburu, Romain Bouvier assure qu'il a tiré en "panique totale"
Ce collectionneur d'armes, poursuivi pour tentative d'assassinat, a fait feu avant Loïk Le Priol sur l'ex-rugbyman argentin. Il a exprimé mardi devant la cour d'assises de Paris son "immense culpabilité" et affirmé qu'il n'a jamais eu l'intention de tuer, ni même de blesser.
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Il est celui qui a tiré en premier sur Federico Martin Aramburu, boulevard Saint-Germain. Il a fait feu à quatre reprises, touchant l'ancien rugbyman deux fois, à la cuisse droite et au niveau du thorax, lors de cette tragique nuit de mars 2022. Mais il n'est pas celui qui a tué. Romain Bouvier a-t-il toutefois tenté de le faire ? Et l'avait-il prémédité ? "A aucun moment, je n'ai voulu lui faire du mal. Je voulais juste prendre mon pote et partir", a assuré ce collectionneur d'armes lors de son interrogatoire devant la cour d'assises de Paris, mardi 22 septembre. Cet ami, c'est Loïk Le Priol, jugé à ses côtés pour assassinat, quand lui est accusé de tentative d'assassinat. Ils encourent l'un comme l'autre la perpétuité.
Après une bagarre à la terrasse du bar parisien Le Mabillon avec les rugbymen biarrots, les deux militants d'ultradroite se sont séparés. Et Romain Bouvier, 35 ans aujourd'hui, s'est alors imaginé "le pire" pour son "héros de guerre". "Je suis dans la peur qui commence à monter crescendo. La peur pour Loïk. Où il est ? Et dans quel état il est ? (...) Autant il a été battu à mort ?" Devant la cour, celui qui se rêvait avocat a plaidé sa "vérité". La peur, "c'est ce que j'ai vécu et ressenti dans ma subjectivité du moment", jure Romain Bouvier.
Quelques minutes plus tôt, son état d'esprit était tout autre, rembobine Romain Bouvier. Lorsqu'il enchaîne les cocktails à base de "rhum" avec Loïk Le Priol et Lyson Rochemir, accusée de complicité de tentative d'assassinat dans cette affaire, il est à mille lieues de s'imaginer la tournure que va prendre la soirée. Même lorsque Federico Martin Aramburu et Shaun Hegarty s'installent à côté d'eux, "tout se passait bien dans le meilleur des mondes".
"Je n'ai absolument aucun souvenir d'une quelconque violence qui couvait."
Il n'a pas vu Loïk Le Priol mettre des petites tapes sur la joue de Shaun Hegarty. Alors, lorsque Federico Martin Aramburu attrape la capuche de son compère pour le faire tomber, Romain Bouvier est "interloqué". Une rixe éclate devant lui. "Je commence à être dans une incompréhension totale. Très vite, je me lève, j'ai encore ma cigarette à la main. Je me rapproche. (...) Je prends un énorme coup de poing dans le visage", rapporte l'accusé, "groggy" par le coup. La bagarre est courte mais violente, trois serveurs du Mabillon et le videur les séparent.
Loïk Le Priol disparaît de son champ de vision. Romain Bouvier monte dans une Jeep conduite par Lyson Rochemir. Son intention à ce moment précis, dit-il, n'est pas d'en découdre à nouveau, mais d'aider son ami qu'il pense en danger. Il imagine "Loïk [Le Priol] par terre avec nos deux agresseurs en train de le tabasser. (...) C'est comme ça que je visualise la scène par rapport à ce qui vient de m'être dit et ce que je viens de vivre." Pourtant, à l'endroit où la Jeep s'arrête, Loïk Le Priol n'est pas là. Et si Romain Bouvier avait un doute, le président de la cour d'assises l'interroge : pourquoi ne pas avoir crier "Où es-tu Loïk ?" "Je suis paralysé", répond l'intéressé depuis son box.
Romain Bouvier descend de la voiture et sort son revolver face à Federico Martin Aramburu. Selon lui, l'ex-rugbyman "avance" sur lui, veut "rentrer au contact". "Il me dit : 'T'es mort', et très sincèrement, je le prends au mot, raconte Romain Bouvier à la cour. Il y a une panique totale qui m'a rendu dingue, au point qu'instinctivement je sorte mon arme. Je tire par terre pour qu'il recule. Dans mon esprit, c'est pour qu'il voie la flamme du feu, pour qu'il entende les détonations." Il tire à quatre reprises en quatre secondes, avec "une intention de dissuasion", insiste