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Actualité : Google envoie un data center IA dans l'espace avec SpaceX, et il consomme autant qu'un sèche-cheveux
Dans une semaine, Google expédie ses puces IA en orbite. Le 1er octobre, une Falcon 9 de SpaceX emportera MVP, un satellite de la taille d'un frigo chargé de faire tourner Gemini sous le soleil de l'espace.
© (Image d'illustration : Shutterstock, par Y'alax / Nasa) - Google lancera le 1er octobre son premier satellite doté de puces IA, embryon d'un futur data center orbital alimenté par le Soleil.
Les data centers terrestres suffoquent : réseaux électriques saturés, riverains hostiles, foncier convoité... Google lorgne donc vers le ciel, dans une course où la concurrence s'aiguise, puisque SpaceX a dévoilé en juin AI1, un satellite de 70 mètres d'envergure pensé comme data center orbital. Lors de l'annonce de Project Suncatcher, le 4 novembre 2025, la firme évoquait deux prototypes pour début 2027 avec Planet Labs. Elle a finalement devancé ce calendrier.
Selon le New York Times, admis dans les coulisses du projet, un premier engin décollera dans une semaine de la base de Vandenberg, en Californie. Ironie de l'histoire, c'est une Falcon 9 de SpaceX qui l'emportera.
MVP embarque quatre TPU, les accélérateurs maison de Google, soit la puissance d'un unique serveur. Ses panneaux solaires délivrent environ un kilowatt, l'appétit d'un sèche-cheveux. Pour gagner du temps, les ingénieurs ont greffé leurs puces sur une plateforme Planet Labs existante.
Le véritable casse-tête reste thermique. Dans le vide, un ventilateur brasse du néant. Google a donc empilé un matériau d'interface thermique, des couches d'aluminium et de cuivre, puis un panneau radiateur qui rayonne la chaleur vers l'espace. Les puces tournent environ quinze minutes avant de devoir refroidir, précise Travis Beals, directeur produit de Suncatcher.
Côté radiations, des essais menés dès février 2025 au cyclotron du Crocker Nuclear Laboratory de Davis, à une dose équivalente à cinq ans en orbite, ont livré un verdict encourageant : un simple redémarrage efface la plupart des inversions de bits.
Google table sur une parité de coûts avec le sol à cette échéance, portée par la chute des tarifs de lancement. La feuille de route prévoit une paire de satellites en 2027, puis des essaims de plus de 80 engins en formation serrée. Des discussions portent même sur un satellite long comme un terrain de football.
Pour être parfaitement franc, nous ne nous attendons pas à disposer de quoi que ce soit d'utilement opérationnel dans les prochaines années.
Le dirigeant convoque le précédent de la voiture autonome et ses quinze années de recherche avant le moindre résultat tangible. MVP fonctionnera un an, gravitera jusqu'à six ans, puis se consumera en regagnant l'atmosphère.