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Actualité : “Catastrophique” : Trump menace de couper le diesel à l'Europe, le litre de gazole pourrait atteindre 3,90 €
"N'envoyons plus notre diesel à l'étranger", lance Donald Trump. Une perspective "catastrophique" pour Emmanuel Macron : les États-Unis ont fourni la moitié du gazole importé par l'Union européenne en août, et un cabinet d'analyse évoque déjà un litre à 3,90 € en France.
© O. Kalacheva - Le diesel atteint des records en Europe, et la menace américaine pourrait encore alourdir la note. © Shutterstock
Quelques mots lâchés à New York, le 22 septembre, en marge d'une rencontre avec Volodymyr Zelensky, et voilà l'Europe sur le qui-vive. Face à un gazole américain au sommet historique, 6,53 dollars le gallon selon l'association automobile AAA contre 3,76 dollars fin février, le président des États-Unis s'est dit favorable à l'arrêt des exportations.
J'ai dit : n'envoyons plus notre diesel à l'étranger. Nous en produisons énormément.
Le lendemain, Politico évoquait un projet d'embargo de 90 jours. La Maison-Blanche a démenti dans la foulée, et le secrétaire à l'Énergie Chris Wright a écarté toute interdiction totale. Les marchés ont pourtant déjà réagi : le 23 septembre, la prime du diesel européen sur le Brent a dépassé 95 dollars le baril, du jamais-vu dans les données Bloomberg remontant à 2011.
Depuis l'embargo sur le diesel russe en 2023, le Vieux Continent comble son déficit de raffinage avec les cargaisons parties du golfe du Mexique. Elles pèsent environ un tiers des importations européennes cette année, et la moitié en août. Les autres robinets sont grippés : la guerre au Moyen-Orient paralyse les flux du Golfe, et Moscou a suspendu ses exportations de gazole après les frappes ukrainiennes sur ses raffineries.
Le diesel atteint déjà un record de 2,23 € le litre en moyenne dans l'UE. En France, il dépassait 2,40 € au 19 septembre. Emmanuel Macron a jugé l'hypothèse d'un embargo "catastrophique".
Le chiffre émane du cabinet Bersingéco, fondé par l'économiste Sylvain Bersinger, et a été relayé par l'AFP le 24 septembre. Il repose sur un arrêt complet des livraisons américaines vers l'Europe, sans que le détail des hypothèses ait été publié. À manier avec des pincettes.
L'embargo aurait d'ailleurs la vie courte : selon Morgan Stanley, les stockages autour du golfe du Mexique saturaient en trois semaines environ, contraignant les raffineries américaines à ralentir. Les conducteurs d'électriques et de modèles au superéthanol (0,89 € le litre au 19 septembre) échappent à ce bras de fer. Les autres ont intérêt à garder un œil sur le bulletin pétrolier hebdomadaire de la Commission européenne.
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