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"La rage commence à monter" : les agriculteurs excédés par les vols de leurs récoltes commencent à traquer leurs pilleurs
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Pommes de terre, tomates, concombres… Dans plusieurs exploitations françaises, les agriculteurs voient leurs récoltes disparaître, parfois par centaines de kilos. Face à des vols qu'ils décrivent comme de plus en plus organisés, certains multiplient les rondes, les caméras et les dispositifs de sécurité pour tenter de protéger leur travail.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Dans ses champs, l'histoire se répète pour Antoine Philippin. Des gens viennent sur son exploitation pour y voler des pommes de terre. "Donc là, il y a une quinzaine de jours, on m'en a volé énormément. Ils laissent toutes les petites, ils ne prennent que les grosses et ils saccagent", explique l'agriculteur. "Ils viennent avec des sacs de course souvent ou des poubelles. Le dernier qu'on a pris, c'était une petite charrette avec des roulettes et quatre poubelles, donc quatre poubelles à 100 kilos, 400 kilos, quoi."
Ses champs, au milieu des cités de la banlieue de Valenciennes, attirent les convoitises. Alors, ils sillonnent le quartier et ses 130 hectares de terre pour surprendre d'éventuels voleurs. "On a des indics, on a les chasseurs et on fait des rondes", confie-t-il. 6 tonnes de pommes de terre volées depuis le mois d'août, 2 000 euros de pertes et des plaintes qui n'aboutissent jamais. "Moi, je commence à avoir beaucoup de mépris et de haine vis-à-vis des voleurs. Mon voisin, c'est pareil. On travaille des dizaines d'heures par jour et on se fait voler. Donc, je pense qu'au bout d'un moment, la rage commence à monter", ajoute-t-il.
L'an dernier, il y a eu 10 700 vols dans les exploitations. Des agriculteurs excédés dénoncent sur les réseaux ces vols dont ils sont victimes. Et il n'hésite plus à publier les photos prises par les caméras de surveillance, comme une femme qui dérobe quelques tomates, ou bien des gangs d'hommes, bien organisés, qui volent des centaines de kilos de légumes en quelques instants seulement. C'est ce qui est arrivé dans les serres de ce maraîcher près d'Angers
"Avec un couteau, ils tranchent, ils ouvrent, ils écartent et puis ils viennent se servir après de ce qui est tomate, concombre, toutes nos récoltes. Tout se passe la nuit entre minuit et 3 heures du matin, entre 4 et 5 personnes. Et en 6, 7 minutes, ils ont fait leur casse. Tout est calé, organisé. C'est un réseau. Sur les volumes, c'est pour la revente, donc c'est un réseau", détaille Mathieu Ory, maraîcher à Andard (Maine-et-Loire).
Il a déposé 12 plaintes en un an et demi, mais les voleurs n'ont jamais été arrêtés. Alors, il a acheté deux chiens de garde pour dissuader les malfaiteurs et transformer son exploitation en camp retranché. Caméras et doublées de barbelés autour des serres. "En plus du grillage, on a mis du concertina. C'est beaucoup plus efficace que du barbelé. C'est très tranchant et le moindre vêtement qui se prend dedans, c'est quasiment inenlevable. On reste coincé dedans", ajoute-t-il.
Les vols se sont arrêtés dans les serres, mais pas dans ses champs. Aucune assurance ne rembourse les vols de légumes. Son seul espoir, que les gendarmes interpellent un jour les voleurs en flagrant délit. Depuis cet été, les sanctions ont été alourdies. Cinq ans de prison, 75 000 euros d'amende pour les vols et dégradations.
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