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Spiruline : quels bienfaits sont réellement démontrés par la science ?
Présentée comme un « superaliment », la spiruline est généralement associée à la vitalité, à l’immunité, à la détoxification ou encore à l’amélioration des performances sportives. Mais que disent concrètement les études ? Souvent confondue avec une algue, cette cyanobactérie possède-t-elle réellement les bénéfices qui lui sont prêtés ?
En 2024, la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) promouvait et recommandait sa culture et son utilisation, en particulier dans les pays en développement pour lutter contre la malnutrition en raison de sa « très haute valeur nutritive ».
Impossible de nier l’intérêt nutritionnel de la spiruline, au moins un point sur lequel les scientifiques et autres instances s’alignent tous. Naturellement pourvue en protéines, sa teneur pour 100 grammes avoisine généralement 65 grammes, une proportion particulièrement élevée.
Elle affiche également un certain nombre d’acides aminés essentiels, de l’acide gamma-linolénique – qui pourrait contribuer à réduire la graisse et préserve la masse musculaire –, des oligo-éléments, des minéraux parmi lesquels magnésium, phosphore, calcium, sodium, zinc, sélénium, fer, etc., une multitude de vitamines comme la provitamine A ou bêta-carotène, toutes les vitamines du groupe B et les vitamines D, E et K. Elle est également pourvue en phycocyanine, des pigments bleus étudiés pour leurs propriétés antioxydantes.
Petit bémol cependant, comme le stipulent le site Santé et l’Anses, la vitamine B12 qu’elle contient ne s’avère pas une source suffisante pour les personnes végétariennes ou véganes puisqu’elle n’est pas assimilable par l’organisme.
C'est sur le plan cardiovasculaire et métabolique que la recherche récente est la plus parlante. Une méta-analyse, menée par Piotr Machowiec en 2021 et regroupant cinq essais contrôlés randomisés, a retrouvé une diminution statistiquement significative de la pression artérielle chez des personnes supplémentées en spiruline, avec des prises allant d’un à huit grammes par jour.
L’effet semblait plus marqué chez les patients déjà hypertendus. Les chercheurs indiquent toutefois qu’effectuer de nouveaux essais confirmant cette analyse sont nécessaires, même si le magnésium, les nombreux acides aminés ou la phycocyanine sont déjà connus pour agir, même indirectement, au niveau du métabolisme vasculaire.
La même année, la méta-analyse de huit études dirigée par Elaheh Hatami a remarqué des améliorations de la glycémie à jeun et de plusieurs paramètres lipidiques grâce à une supplémentation en spiruline. Elle a ainsi montré des effets favorables sur certains marqueurs biologiques chez des personnes ayant un diabète de type 2.
En 2023, l’étude d’Iman Rahnama a observé une diminution du cholestérol total, du LDL-cholestérol (surnommé « mauvais cholestérol ») et des triglycérides (graisses présentes dans le sang) ainsi qu'une hausse du HDL-cholestérol (ou « bon cholestérol ») chez les personnes supplémentées en spiruline. En somme, la prise de spiruline s’est avérée favorable pour l’amélioration des taux de cholestérol dans le sang.
Alors que la spiruline apporte des protéines, du fer, du magnésium et de la phycocyanine (pigments antioxydants), elle entrerait dans la réparation musculaire, la production d’énergie et la lutte contre l’oxydation induite par l’effort pour les sportifs réguliers. Dans son étude pilote réalisée sur neuf sportifs en 2010, Maria Kalafati observait déjà que la spiruline pourrait augmenter de façon significative les performances physiques des athlètes et en améliorer certains paramètres, par exemple, la récupération musculaire.