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« Les questions qui dérangent ne sont pas posées » : pourquoi la frénésie autour de l’IA rappelle d’anciennes bulles
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Question-réponse
Professeur de finance (banque, fintech, gouvernance d'entreprise, actifs incorporels), EM Normandie — The Conversation
En 1840, on spéculait sur des trains encore inexistants ; en 2008, sur des rendements miracles. Aujourd’hui, c’est l’IA qui fait miroiter des lendemains radieux… L’histoire financière regorge de bulles technologiques qui, une fois éclatées, révèlent des escroqueries d’une banalité confondante. De la folie ferroviaire à l’ère des algorithmes, les systèmes de Ponzi laissent des traces, des indices, qu'il faut savoir lire. L’IA, nouvelle obsession des marchés financiers, en porte-t-elle déjà les stigmates ? Où s’arrête l’innovation, où commence l’arnaque ?
[EN VIDÉO] Comme le Bitcoin, il existe aujourd’hui plus de 6.000 cryptomonnaies dans le monde. Ces monnaies sont basées sur la technologie blockchain.
Les bulles technologiques ont souvent dissimulé de grandes fraudes. Du boom ferroviaire britannique au XIXᵉ siècle à l'affaire Madoff, y a-t-il des signes avant-coureurs qui peuvent nous permettre de comprendre la frénésie actuelle autour de l'IA et sa potentielle bulle ?
De nombreux investisseurs se demandent si nous vivons dans une bulle IA ; d'autres vont plus loin et se posent la question de savoir jusqu'à quand. Pourtant, la bulle continue de gonfler, alimentée par ce sentiment dangereux de « peur de passer à côté » (FOMO pour Fear Of Missing Out). L'histoire et l'expérience récente nous montrent que les bulles financières naissent souvent de l'enthousiasme excessif des investisseurs pour les nouvelles technologies « révolutionnaires » qui, lorsqu'elles éclatent, révèlent des systèmes frauduleux surréalistes qui se sont développés sous couvert de la bulle.
Concrètement, un système de Ponzi consiste à rémunérer les investisseurs existants avec l'argent apporté par de nouveaux investisseurs plutôt qu'avec de vrais profits, ce qui nécessite un recrutement continu jusqu'à son effondrement inévitable. L'une des caractéristiques de ces systèmes est qu'ils sont difficiles à détecter avant l'éclatement de la bulle, mais étonnamment simples à comprendre avec le recul.
Dans cet article, nous abordons la question suivante : quelles traces les systèmes de Ponzi laissent-ils dans les bulles financières alimentées par la technologie ? Comment pourraient-elles nous aider à anticiper la prochaine bulle qui émergera dans le tumulte de l'IA ?
Pour ce faire, nous comparerons le Ponzi du « roi du chemin de fer » George Hudson, dans les années 1840, à celui de Bernie Madoff, rendu possible par les technologies de l’information et de la communication (TIC) et les dotcoms des années 1990-2000, puis soutenu par la bulle immobilière qui a suivi aux États-Unis.
George Hudson (1800–1871), caricaturé ironiquement « hors des sentiers battus » dans la revue Punch. © John Leech, Domaine public, Wikimedia Commons