// FRANDROID — MODA & SOCIETÀ
R5, R4, Twingo : l’arme secrète de Renault que les constructeurs chinois envient
On le sait, les constructeurs chinois prennent de plus en plus de place dans le monde, et tout particulièrement en Europe. Leur part de marché a atteint près de 12 % en Europe en août 2026 (11,7 % selon Dataforce), contre environ 5,5 % un an plus tôt, et ce n’est sans doute pas terminé. La Chine compte actuellement pas moins de 129 marques de voitures électriques, et plusieurs d’entre elles sont bien décidées à s’imposer en Europe. Les constructeurs européens n’ont évidemment pas l’intention de se laisser faire.
C’est le cas de Renault, qui a trouvé une parade assez maligne. Alexandre Malval, directeur du design de la marque depuis janvier 2026, a détaillé cette stratégie face à la concurrence chinoise lors d’une table ronde dont le média Numerama a rendu compte. Pour lui, le patrimoine de Renault est son plus gros atout face à cette concurrence.
Au-delà de l’hommage au passé, les modèles mythiques de la marque constituent surtout un rempart contre la copie, comme l’explique le designer. « L’approche rétro, c’est tout simplement une opportunité de faire vivre la marque. Et surtout, cela ne peut pas être copié. Si un concurrent tentait de copier l’une de nos icônes, ce serait ridicule. C’est une force immense face à la concurrence ». De fait, beaucoup de modèles chinois vendus en Europe se ressemblent, ce qui complique la tâche des marques qui veulent se distinguer.
Renault veut se démarquer de ses rivaux chinois, mais surtout proposer des voitures reconnaissables au premier coup d’œil, sur un marché un peu monotone malgré la grande variété de marques et de modèles. C’est ce que confirme Alexandre Malval. « L’électrique nous donne une très grande liberté de silhouette. Mais le vintage est une opportunité d’avoir une résonance forte à notre époque où l’uniformisation domine ». Le constructeur applique cette recette à ses R5 et R4 E-Tech, ainsi qu’à sa nouvelle Twingo.
Ces modèles ne sont toutefois pas l’œuvre d’Alexandre Malval, arrivé chez Renault le 2 janvier 2026. Il a succédé à Gilles Vidal, parti diriger le design des marques européennes de Stellantis, et c’est sous la direction de ce dernier que la stratégie néo-rétro a été lancée. Malval hérite donc d’une recette qui a déjà fait ses preuves, et qu’il défend aujourd’hui.
Chez Renault, la R5, la R4 et la Twingo sont regroupées dans la catégorie « Classic Icons », en opposition aux « Future Icons » comme la Mégane ou le Scénic E-Tech. Cette stratégie semble porter ses fruits. La R5 E-Tech cartonne, au point que la marque a dû accroître la cadence de production dans son usine de Douai. La citadine a été immatriculée à 26 772 exemplaires en France entre janvier et fin août 2026, ce qui en fait la deuxième voiture électrique la plus vendue du pays, derrière le Tesla Model Y (29 658 unités). De son côté, la Twingo a été écoulée à environ 5 300 unités selon la Plateforme automobile (PFA), dans un bilan publié en juillet. En août, elle était encore la quatrième voiture électrique la plus immatriculée en France, avec 1 574 unités selon AAA Data.
Tous les modèles néo-rétro de Renault ne suivent pas ce rythme. Vendue à partir de 29 990 euros hors aides, la R4 E-Tech n’a été immatriculée qu’à 478 exemplaires en France en août, contre 2 316 pour la R5 sur le même mois.
En parallèle, le designer a fait un aparté sur les écrans à bord des voitures de la marque. Selon lui, ils restent indispensables pour la grande majorité des clients, qui « veulent faire du mirroring avec leur smartphone, retrouver leurs applications, regarder des films ou jouer à des jeux vidéo lorsqu’ils sont à l’arrêt ». Il n’exclut cependant pas de proposer à l’avenir des intérieurs plus épurés sur des modèles plus exclusifs.
Le saviez-vous ? Google News vous permet de choisir les médias que vous suivez. Ne passez pas à côté de Frandroid.
Les actualités auto chez
Renault