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Orange va bâtir le réseau hautement sécurisé qui reliera l'UE et ses États membres
Orange Business a été choisi pour déployer le backbone de TESTA-EIRIS, le futur réseau sécurisé de l'Union européenne. Cette infrastructure privée reliera les institutions de l'UE et les administrations des États membres, sur fond de souveraineté numérique.
Bonne nouvelle pour la branche business d'Orange, qui a été retenue comme partenaire de confiance du projet TESTA-EIRIS, apprend-on ce mardi 29 septembre 2026, dont la conception et la gestion reviennent à la DG DIGIT, la direction des services numériques de la Commission européenne. Le fameux projet fournira les services de backbone de ce réseau privé et isolé, dédié aux échanges de données sécurisés entre l'UE et les administrations nationales. Au moins douze points de présence et une disponibilité visée de quasiment 100 % composent un cahier des charges ambitieux, même si certains détails restent pour l'heure inconnus.
Pour bien comprendre de quoi on parle, il faut d'abord savoir que le backbone est la colonne vertébrale d'un réseau. On peut parler des grands axes sur lesquels circulent les données avant d'être dispatchées vers chaque site. Avec TESTA-EIRIS, pour Enhanced Infrastructure for Reliable Interconnectivity and Security, l'Union européenne s'offre une colonne bien à elle. Elle sera privée, cloisonnée et transfrontalière, et reliera ses institutions, ses agences et les administrations de ses États membres. Orange y voit une étape importante dans la modernisation des communications européennes, avec un double bénéfice attendu : un réseau plus résilient, et plus souverain.
Mais pourquoi un tel chantier ? Parce que notre dépendance aux technologies numériques ne cesse de croître, et que les cybermenaces, elles, ne cessent de muter. Richard van Wageningen, le directeur de la zone Europe chez Orange Business, explique que l'UE a érigé la confiance numérique en priorité stratégique, et TESTA-EIRIS doit contribuer à bâtir un écosystème européen sécurisé. L'infrastructure se veut robuste, évolutive et pérenne, taillée pour les besoins critiques de l'Union.
Concrètement, Orange Business fournira les services de niveaux 2 et 3. Pour traduire : le niveau 2 aiguille les données entre les équipements d'un même réseau, le niveau 3 trace leur route d'un réseau à l'autre. Ces briques conditionnent le bon fonctionnement de l'infrastructure, son intégration et sa capacité à grandir dans la durée. Deux tours de contrôle veilleront au grain, avec un centre de supervision réseau (NOC), qui garde un œil sur la santé de l'infrastructure, et un centre opérationnel de sécurité (SOC), chargé de traquer les menaces.
L'architecture reposera sur un backbone unique d'au moins douze points de présence (PoPs), des portes d'entrée du réseau, répartis dans cinq régions européennes considérées comme stratégiques. La sécurité sera pensée dès la conception, et la disponibilité visée atteint 99,999 %. En clair, cela représente à peine plus de cinq minutes d'interruption cumulée sur toute une année. La connectivité cloud et des réseaux privés virtuels (VPN) relieront des sites éloignés les uns des autres, avec une forte résilience entre ces sites et les environnements multicloud, où les services sont répartis entre plusieurs fournisseurs.
Orange met aussi en avant Evolution Platform, sa plateforme de connectivité de confiance construite autour de l'IA, sans détailler son rôle dans TESTA-EIRIS. Elle doit remplacer les équipements physiques spécialisés par des services virtualisés gérés par logiciel, en s'appuyant sur une infrastructure européenne présentée comme souveraine. Notons que ni le montant du contrat, ni sa durée, ni le calendrier de déploiement ne figurent dans l'annonce faite ce mardi. Le bâtisseur est désigné, reste à connaître la date de livraison.