// FRANDROID — MOBILE & WEB
Le n°1 du vélo en Europe serait sur le point d’être racheté par une entreprise singapourienne : tout ce qu’il savoir
Accell Group est considéré comme le n°1 du vélo en Europe, avec un portefeuille de marques que beaucoup de cyclistes connaissent : Haibike et Lapierre pour les vélos électriques et musculaires, ou encore Batavus/Sparta, Koga ou Raleigh.
Le groupe néerlandais, basé à Heerenveen, traverse une passe difficile depuis plusieurs années et pourrait bien changer de mains une nouvelle fois. D’après Nieuwsfiets, qui cite un article de Bloomberg, les rumeurs d’un rachat se sont nettement précisées ces dernières semaines, en marge des journées concessionnaires du groupe, du salon Eurobike et du salon du cycle de Shanghai.
Le repreneur potentiel s’appelle Dutech Holdings, une société d’investissement basée à Singapour. Le fonds aurait déposé une demande auprès de l’autorité allemande de la concurrence en vue d’acquérir Accell : c’est une première étape administrative, destinée à lever d’éventuelles inquiétudes sur la concurrence avant que l’opération puisse avancer.
Dutech Holdings n’est pas un nouveau venu dans le vélo : le groupe singapourien a déjà racheté plusieurs fabricants allemands en difficulté, dont le spécialiste du vélo cargo Ono et les activités Prophete et Cycle-Union, à chaque fois après une procédure d’insolvabilité. Reprendre Accell viendrait donc consolider sa présence sur le marché du cycle, ce que l’autorité allemande de la concurrence va justement examiner.
Interrogé par Bloomberg, un porte-parole d’Accell a refusé de commenter les discussions avec Dutech, en précisant que ce dépôt relève de la simple formalité pendant que l’entreprise étudie plusieurs options stratégiques.
Pour comprendre pourquoi Accell est à vendre, il faut remonter à 2022. Cette année-là, en plein boom du vélo lié à la pandémie, le fonds américain KKR avait racheté le groupe pour environ 1,56 milliard d’euros.
Sauf que le marché s’est retourné juste après, avec des stocks énormes à écouler et des ventes en chute. Accell a dû passer par deux restructurations de sa dette en un peu plus d’un an.
En février dernier, KKR a fini par céder sa participation à ses créanciers, essentiellement des banques selon Bike EU, dans le cadre d’un nouvel allégement de la dette.
Pour eux, revendre le groupe rapidement était une suite logique : il fallait clarifier l’avenir d’Accell et sécuriser sa situation financière. Dans cette optique, le cabinet de conseil PricewaterhouseCoopers aurait été chargé de trouver un acquéreur, avec plusieurs scénarios sur la table, dont une vente à des investisseurs étrangers.
De son côté, Accell reste prudent et s’en tient à cette déclaration officielle : « Comme indiqué précédemment, nous évaluons en permanence toutes les options stratégiques pour l’entreprise, y compris les opportunités potentielles de fusion-acquisition. Nous confirmons que des demandes d’autorisation de concentration ont été déposées auprès des autorités compétentes en Allemagne et en Autriche. Il s’agit d’une mesure procédurale et de précaution dans le cadre des discussions en cours concernant un possible rapprochement d’entreprises. Nous fournirons de plus amples informations en temps voulu. »