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Test Honor Magic V6 : le pliant ultrafin mise sur l’endurance
Honor a déjà dévoilé son Magic V6 en Chine et l’a brièvement présenté au MWC en mars. Il arrive enfin en Europe et sur le papier, c’est le pliant de tous les superlatifs : le plus fin (4 mm déplié), la plus grosse batterie jamais vue dans un pliant au format livre (6 660 mAh), un Snapdragon 8 Elite Gen 5 dernier cri. Sur le papier seulement ?
Depuis deux ou trois générations, les pliants au format livre ont cessé d’être des curiosités fragiles pour devenir de vrais produits, parfois meilleurs que les flagships classiques. Le Magic V5 nous avait déjà impressionnés et son successeur ne change pas radicalement la formule : il l’affine, au sens propre, en annonçant un châssis de 4 mm une fois déplié. Le constructeur y loge surtout un SoC Snapdragon 8 Elite Gen 5, 16 Go de RAM, 512 Go de stockage et une batterie géante.
Le tout pour la coquette somme de 2 299,90 €, soit environ 300 € de plus que le Magic V5 à son lancement. À ce tarif, la question n’est plus « est-ce un bon téléphone ? », mais « justifie-t-il l’écart avec un excellent flagship classique à moitié prix ? ». Nous avons passé trois semaines avec lui en usage quotidien pour tenter d’y répondre. Spoiler : il y a au moins une bizarrerie technique qui mérite qu’on s’y attarde.
La première fois qu’on déplie le Magic V6, on ne peut s’empêcher d’être surpris. 4,1 mm, c’est son épaisseur une fois déplié. Le modèle blanc descend à 4,0 mm grâce à un revêtement dorsal plus compact. Le V6 a donc l’épaisseur d’une pile bouton et on pense instinctivement que l’objet est fragile
Ce n’est pas vraiment le cas, comme on va le voir. Plié, notre exemplaire rouge mesure 9 mm et pèse 224 grammes — la version blanche, légèrement plus fine, descend même à 8,75 mm pour 219 grammes. Dans les deux cas, on retrouve le gabarit d’un smartphone classique un peu généreux, sans le moindre espace vide au niveau de la charnière. C’est d’ailleurs cette version blanche qu’Honor met en avant pour revendiquer le titre de « plus fin pliant du monde » — une affirmation qui tient la route.
Au passage, on se demande jusqu’où cette course à la minceur pourra aller. À première vue, on s’approche d’une limite physique avec ces fameux 4 mm… Le connecteur USB-C fait 3 mm de haut. Une fois retirées les tolérances de fabrication et la coque arrière, on voit mal comment descendre plus bas en conservant un connecteur physique (souvenez-vous du jack audio…) Honor a manifestement calé son design sur cette contrainte. Sera-t-il le premier constructeur à se débarrasser de l’USB-C ? Difficile de l’imaginer, notamment dans l’UE où il est devenu obligatoire !
Pour le reste, la filiation avec le Magic V5 saute aux yeux. Même design, même caméra dorsale circulaire « orbitale », mêmes finitions soignées. La principale évolution visible, c’est justement l’épaisseur du bloc photographique, sensiblement moins épais que celui du V5. Notre exemplaire de test était d’un magnifique rouge, habillé d’un revêtement en velours synthétique baptisé engineered velvet.
Après trois semaines d’usage quotidien, la matière est agréable au toucher et tient la route. Nous n’avons noté aucune usure prématurée sur notre exemplaire. Honor a la délicatesse de fournir une demi-coque qui reprend l’apparence de la matière de la face arrière et intègre une béquille encerclant la caméra dorsale.
L’ensemble n’épaissit et n’alourdit l’appareil que de façon imperceptible. On ne peut qu’applaudir cette attention, la concurrence laissant trop souvent l’acheteur d’un pliant à 2 300 € repasser à la caisse pour protéger son investissement (coucou Samsung).
Côté robustesse, Honor met le paquet, et c’est tout sauf cosmétique sur un pliant. Le Magic V6 obtient une double certification IP68 et IP69, une première sur ce format, ce qui le rend résistant à l’immersion et aux jets d’eau à haute pression. Le Pixel 10 Pro Fold de Google avait ouvert la voie il y a quelques mois avec l’IP68 ; Honor complète avec l’IP69. Ce niveau ajoute une résistance aux jets d’eau ch