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NordVPN, Proton VPN, ExpressVPN et Surfshark dans le viseur de LaLiga dans une liste anti-piratage européenne
LaLiga veut faire inscrire quatre grands services VPN dans la prochaine Counterfeit and Piracy Watch List de la Commission européenne. La ligue espagnole vise surtout la manière dont certains sites affiliés présentent ces outils pour contourner des blocages judiciaires visant des sites pirates, mais aussi certaines restrictions géographiques.
NordVPN, Proton VPN, ExpressVPN et Surfshark apparaissent dans la contribution adressée par LaLiga à la Commission européenne pour préparer sa Counterfeit and Piracy Watch List 2027. La demande ne porte pas directement sur le principe des VPN. LaLiga vise plutôt leur promotion commerciale via certains sites affiliés, avec deux griefs distincts.
Le principal concerne des pages affiliées qui citent des sites de streaming pirates et expliquent qu’un VPN permet de contourner les blocages ordonnés par les tribunaux. LaLiga affirme que c’est cette exploitation commerciale de la capacité à contourner des mesures judiciaires qui justifie l’inscription des quatre services dans la Watch List.
Autre grief, moins directement lié au piratage : certains guides expliquent comment utiliser un VPN pour contourner les restrictions géographiques et accéder à des retransmissions légalement disponibles dans d’autres pays. LaLiga y voit une atteinte à l’exclusivité territoriale de ses contrats de diffusion.
L’organisation estime également que certains contenus affiliés ne sont pas totalement indépendants. Elle cite notamment vpnMentor, relié à Kape Technologies, propriétaire d’ExpressVPN, l’un des quatre services visés. LaLiga reconnaît toutefois que ces publications déclarent ce lien de propriété. Sa contribution ne fournit par ailleurs aucun lien précis vers un guide ou un influenceur particulier qui aurait franchi la ligne.
Cette démarche européenne prolonge un combat déjà engagé devant la justice espagnole. En février, un tribunal de Cordoue a ordonné à NordVPN et Proton VPN de bloquer certaines adresses IP associées à des retransmissions pirates, dans le cadre d’une procédure d’urgence menée sans que les deux fournisseurs soient entendus.
En mai, ce même tribunal a toutefois refusé de sanctionner NordVPN pour non-respect de l’ordonnance, tandis que la procédure principale reste en cours.L’inscription éventuelle de VPN dans la Watch List constituerait aussi un précédent, comme le souligne Torrent Freak. La précédente édition, publiée en 2025, citait déjà des hébergeurs, IPFS ou encore Njalla, mais aucun fournisseur VPN. La nuance reste essentielle : la Commission européenne rappelle que cette liste ne constitue pas un constat d’illégalité. La consultation principale s’est achevée le 21 septembre, mais les parties prenantes peuvent encore répondre aux contributions reçues jusqu’au 28 octobre 2026. La liste définitive doit être publiée au deuxième trimestre 2027.
Autrement dit, l’Union européenne n’a pour l’instant placé aucun de ces VPN sur une liste noire. C’est LaLiga qui demande leur inscription, avec derrière cette offensive une question de fond : jusqu’où un fournisseur peut-il être tenu responsable de la manière dont ses partenaires font la promotion de son service ?