// LES NUMÉRIQUES — MOBILE & WEB
Actualité : Affaire Bardella : qu’est-ce que le RGPD, qui permet de faire ressortir de vieux messages Facebook ?
L’enquête de Mediapart sur des messages attribués à Jordan Bardella met en lumière un outil méconnu de Meta : l’export de ses données personnelles. Une fonction qui permet de récupérer une partie parfois très ancienne de son activité Facebook et Messenger.
© Shutterstock - Quand Internet a meilleure mémoire que vous.
L’affaire est politique, mais sa mécanique mérite un décryptage tech. Le 28 septembre 2026, Mediapart a publié une enquête attribuant à Jordan Bardella des messages à caractère antisémite et complotiste remontant notamment à 2013.
Le président du Rassemblement national nie formellement en être l’auteur et a engagé une procédure en diffamation. Après la publication de nouveaux éléments par le média d'investigation ce 1er octobre, il a également annoncé vouloir porter plainte pour faux et usage de faux.
L’objectif n’est donc pas ici de trancher cette controverse, mais de comprendre comment le média affirme avoir vérifié des échanges vieux de treize ans.
Facebook Messenger, une messagerie instantanée gratuite qui permet de dialoguer avec vos amis Facebook par écrit, mais aussi en appel vocal et vidéo à deux ou en groupes (grâce à la création de salons).
Une capture de conversation en ligne peut être modifiée assez facilement et, à l’ère de l’IA, mieux vaut être prudent. Mediapart explique donc avoir travaillé avec deux sources distinctes ayant évolué dans l’entourage de Jordan Bardella et n’ayant, selon les journalistes en charge de l’enquête, aucun lien entre elles.
Le 16 août 2026, l’une d’elles, qui avait elle-même participé à une conversation, a demandé à Meta une archive de ses échanges de 2013. Les données n’auraient donc pas été volées par le quotidien fondé par Edwy Plenel, ni récupérées depuis un compte attribué à Jordan Bardella, mais depuis celui d’un interlocuteur qui disposait encore de cette conversation dans son propre historique.
La différence est importante. Les journalistes ne dépendaient plus uniquement d’images enregistrées manuellement : ils disposaient d’un fichier généré à partir des données conservées par Meta pour le compte de la source. Mediapart affirme avoir ensuite fait constater cette extraction par un huissier.
Cette procédure apporte une traçabilité nettement supérieure à celle d’un simple screenshot et permet notamment d’examiner la chronologie et l’organisation des échanges. Elle ne permet toutefois pas, à elle seule, de prouver qui se trouvait physiquement devant le clavier treize ans plus tôt.