// FRANCEINFO FAITS DIVERS — CRONACA
Pourquoi LFI est-elle accusée par le gouvernement d'être à l'origine du mouvement lycéen et de l'instrumentaliser ?
Les services du Premier ministre Sébastien Lecornu considèrent que les blocages observés dans les lycées sont le fait de "LFI et ses proxys de l'ultragauche". Franceinfo a pu consulter la note de la direction du renseignement de la préfecture de police de Paris sur laquelle se fonde Matignon.
Pour sauvegarder cet article, connectez-vous ou créez un compte franceinfo
La France insoumise (LFI) est-elle à l'origine de l'embrasement du mouvement de blocage des lycées observé ces derniers jours ? C'est la thèse défendue par le gouvernement, qui recense 1 747 interpellations pour la seule journée du vendredi 2 octobre et plus de 5 000 depuis lundi. A l'issue de la cellule interministérielle de crise qui s'est tenue sur le sujet jeudi, les services du Premier ministre ont directement dénoncé la responsabilité de "LFI et ses proxys de l'ultragauche" dans "l'origine du mouvement" qui a basculé en "violences urbaines".
Blocage des lycées : Jean-Luc Mélenchon estime que la journée de mobilisation du 6 octobre "est un point de départ"
Ce constat de Matignon se fonde sur une note produite le lundi 28 septembre par la direction du renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP), que franceinfo a pu consulter. Le document, qui ne porte pas sur la mobilisation à l'échelle nationale, se focalise uniquement sur les "actions lycéennes en Seine-Saint-Denis" et fait état d'un "mouvement à la physionomie inédite".
Les agents du renseignement considèrent que les blocus de lycées en série "résident de toute évidence dans une instrumentalisation de structures syndicales étudiantes et de mouvements politiques proches de I'extrême gauche". L'objectif est "d'imposer leurs idées à I'approche d'échéances électorales nationales", est-il spécifié dès le début de la note.
Pour arriver à cette conclusion, les services de renseignements retracent les violences jour par jour aux abords des établissements du département francilien. Ils observant que les premiers rassemblements du 21 septembre, d'abord "peu mobilisateurs", ont laissé place à une montée en puissance du "mode opératoire" dès le 22 septembre, avec de premiers "jets de pierres et tirs de mortiers" en direction des forces de I'ordre.
Les différents débordements lycéens et étudiants sont cités dans le détail mais seules quatre références concrètes à des actions et propos émanant d'élus LFI figurent dans le document, sur un total de huit pages de notes. Il est ainsi mentionné que le 24 septembre, Bally Bagakoyo, maire de Saint-Denis, a "affiché publiquement sa volonté de retirer" les lanceurs de balles de défense (LBD) "de l'équipement de sa police". "Sans surprise", ajoute la note, l'édile a publié un communiqué "dès le 24 septembre au soir" regrettant qu'un agent municipal ait pu porter un LBD "alors même que la situation ne l'exigeait pas". Bally Bagayoko avait ajouté qu'il ne se satisfaisait "pas non plus de voir que des jeunes gens sont arrêtés puis mis en garde à vue par des agents de la police nationale pour leurs revendications".
Ce même jour, il est spécifié que le député de la 1re circonscription de Saint-Denis, Eric Coquerel, "a fait un passage" au lycée Marcel-Cachin de Saint-Ouen, où "80 jeunes se sont rassemblés et ont pris à partie un véhicule de police en le visant de divers projectiles, barrières et panneaux de chantier, occasionnant le bris du pare-brise".
De plus, les agents de la DRPP relèvent des appels sur les réseaux sociaux à bloquer deux lycées, à Noisy-le-Grand et à Pavillons-sous-Bois, lancés "dans le cadre d'un 'challenge des blocus lycéens organisé sur le département'". "Ceci rappelle fortement le 'blocus challenge' lancé en mars 2023 par le député LFI du Val-de-Marne Louis Boyard pendant le conflit social lié à la réforme des retraites pour créer une émulation entre les lycéens dans la mise en place de blocus d'établissements", relève la note. Il est précisé que le but de ce défi pour les lycéens est de "mettre en ligne sur les réseaux sociaux les photos et