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REPORTAGE. "Ils sont dans le bla-bla, plutôt que dans l'action" : à Lens, la colère des lycéens ne retombe pas après que l'un d'eux a eu la main arrachée
Le ministre de l'Intérieur vient d'annoncer la suspension des grenades assourdissantes lors des mobilisations lycéennes, deux jours après qu'un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée. Mais la colère reste vive chez les lycéens que franceinfo a rencontrés à Lens.
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Depuis le début de ce mouvement lycéen, des voix s'élèvent pour dénoncer un usage disproportionné de la force policière. Lundi à Lens, un jeune de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade assourdissante. Mercredi 7 octobre, le ministre de l'Intérieur a finalement annoncé suspendre l'utilisation des grenades assourdissantes lors des actions lycéennes. De son côté Sébastien Lecornu assure que la "parole lycéenne est précieuse et doit être entendue". Des déclarations qui ne suffisent pas à apaiser l'indignation des élèves du lycée Auguste-Béhal de Lens.
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Il y a de la colère chez ces lycéens d'être accueillis par une dizaine de fourgons de CRS garés juste en face du lycée, mercredi matin. Certains d'entre eux se souviennent encore douloureusement de la matinée de lundi. L'un d'eux à une l'impression "d'une grosse bombe". "Ce n'était pas des petits projectiles qu'ils lançaient", assure-t-il. "J'étais très loin, je l'ai vraiment entendu, ça a fait un énorme boum. Ça prouvait que c'était très dangereux", se souvient un autre adolescent. Certains élèves trouvent aussi qu'il est trop tôt pour rentrer en cours après le traumatisme de lundi. Certains sont encore trop choqués pour venir.
Le lycée était ouvert mercredi pour les plus âgés seulement, pour parler avec les professeurs, rencontrer une infirmière, une psychologue et aussi la rectrice de l'académie de Lille. Julie, comme beaucoup d'élèves, est sortie très déçue de cet échange. "J'ai plus l'impression qu'ils sont là dans le bla-bla, plutôt que dans l'action, s'indigne-t-elle. Quand on voit qu'il manque des bouts de plafond, que certaines tôles du plafond menacent de s'effondrer sur les élèves, je trouve ça juste inadmissible."
"On lui demande des choses concrètes et tout ce qu'elle a su nous dire, c'est qu'elle allait mettre des poubelles dans les toilettes pour les serviettes hygiéniques usagées."
Sophie Béjean, la rectrice, a aussi promis de faire l'état des lieux des remplacements de professeurs et table encore sur la démocratie scolaire. "J'ai répondu à chacun de ceux qui ont parlé, estime-t-elle. Il y aura d'autres temps d'écoute. Nous l'avons demandé à tous les proviseurs. Et, ici, on va l'organiser du mieux possible, compte tenu des circonstances." Les élèves ne sont pas convaincus. Beaucoup vont donc se mobiliser jeudi 8 octobre, alors que l'Union étudiante et l'Union syndicale lycéenne (USL) appellent à une nouvelle journée d'action.
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