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Alerte sur l'emploi des jeunes : l'IA a détruit 75 000 CDI par an en France
On commence déjà à bien sentir les effets de l'IA sur le marché du travail. Et ce, particulièrement du côté des jeunes !
En ces temps de colère lycéenne et étudiante, on parle beaucoup de l'avenir bouché au niveau emploi des jeunes générations. Celles-ci doivent en effet faire avec l'émergence de l'intelligence artificielle, qui peut remplacer l'humain sur un nombre assez conséquent de tâches. Et ce n'est plus seulement une vue de l'esprit, comme nous le montre cette étude assez inquiétante !
Une nouvelle étude signée HEC et la Banque de France vient confirmer ce que beaucoup craignaient. L'IA a déjà commencé son travail de sape dans le monde de l'emploi, et particulièrement du côté des plus fragiles : les jeunes.
Selon cette étude, dont La Croix se fait l'écho, depuis 2022 (moment où l'IA décolle, avec le lancement de ChatGPT en novembre de cette année) les embauches en CDI des 21-29 ans ont lourdement chuté, de 28,3%, dans les emplois les plus exposés. Un recul qui correspond tout simplement à près de 75 000 CDI en moins offerts chaque année à cette classe d'âge.
Et il s'agit de postes non crées, et non pas de basculements de CDI vers des CDD. En effet, tout contrats confondus, le recul reste de 22,1%. À noter que ce que l'étude appelle emplois les plus exposés va de journaliste, traducteur ou technicien d'opérations bancaires à développeur informatique. Ces derniers sont ceux qui souffrent clairement le plus, avec une chute du nombre de CDI pour les jeunes de tout simplement 42%. En comparaison, la catégorie de métiers les moins exposés, comme aide-soignante ou ouvrier qualifié, n'enregistre que 7,5% de recul sur cette tranche démographique.
Et pour être plus précis, les auteurs expliquent qu'il s'agit ici moins de postes détruits que d'emplois non créés, les entreprises ne pourvoyant plus à leurs nouveaux besoins en faisant appel aux jeunes, mais plutôt en usant de l'IA. Reste tout de même que, sur le long terme, il se pourrait que le pari soit dangereux. « Si vous avez arrêté de recruter pendant plusieurs années, vous avez arrêté de former certaines compétences et vous allez avoir des jeunes qui vont aussi changer de filière, et donc il va y avoir une sorte de pénurie » alerte Antonin Bergeaud, un des économistes à l'origine de l'étude.