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Vos applications mobiles connaissent votre position mieux que vous ne le pensez, ce qui inquiète la CNIL
Des courtiers en données exploitent les informations de géolocalisation collectées par de nombreuses applications mobiles, souvent à l'insu des utilisateurs concernés. La CNIL détaille le cadre légal du RGPD et les moyens de reprendre le contrôle, enfin.
Différentes enquêtes menées par plusieurs médias ont mis au jour l'existence de bases de données regroupant des millions d'identifiants publicitaires associés à des historiques de géolocalisation, collectés à l'aide d'applications mobiles du quotidien. Ces informations, qui sont ensuite revendues par des courtiers en données, permettent de reconstituer des trajectoires précises, à l'insu des utilisateurs. La Commission nationale de l'informatique et des libertés a décidé, dans deux larges publications, de rappeler le cadre strict du RGPD et les règles applicables en la matière, aux éditeurs comme aux utilisateurs.
Chaque fois que votre téléphone capte votre position, il ajoute un point sur une carte invisible. Répétés jour après jour, ces points finissent par dessiner les contours de votre vie, grâce à votre domicile, votre lieu de travail, votre salle de sport, parfois même un lieu de culte ou un établissement de santé. Mis bout à bout, souvent à votre insu et bien au-delà du simple plan qui s'affiche à l'écran pendant un trajet, ces points forment un véritable portrait intime de vos habitudes et de vos fréquentations.
Le laboratoire d'innovation de la CNIL, le LINC, l'a d'ailleurs démontré avec son étude GeoTrouveTous. Il nous explique qu'à partir d'un échantillon de données obtenu gratuitement auprès d'un courtier, portant sur environ cinq millions d'identifiants publicitaires présentés comme « anonymes », ses équipes ont prouvé qu'une réidentification quasi automatique des personnes concernées restait possible.
Contrairement aux idées reçues, nul besoin de connaître votre nom pour vous identifier précisément. Quelques points de localisation suffisent bien souvent, notamment lorsqu'ils révèlent un domicile ou un trajet quotidien répété entre deux adresses. Même « anonymisées » ou réduites à un simple identifiant technique, ces données peuvent être recroisées avec d'autres sources pour retrouver une identité en quelques clics.
C'est justement ce que révèlent les enquêtes récentes sur les courtiers en données. On parle ici de sociétés qui achètent et revendent l'information de localisation, d'un vrai marché mondial, pourtant encore largement méconnu du grand public, où des historiques de déplacements s'échangent contre rémunération à des fins publicitaires ou marketing, parfois en marge complète de la réglementation européenne sur les données personnelles.
Alors il y a une bonne nouvelle. Comme l'explique la CNIL, quelques gestes simples suffisent à limiter la casse. Sur votre téléphone, chaque application vous demande en général de choisir entre deux niveaux d'accès à votre position : « toujours », qui lui permet de vous suivre même fermée, en arrière-plan ; ou « uniquement pendant l'utilisation », qui coupe l'accès dès que vous quittez l'application. La CNIL recommande de privilégier ce second réglage, car l'accès permanent est le plus souvent superflu, et bien plus intrusif qu'il n'y paraît pour votre vie privée.
Avant même d'installer une application, un coup d'œil à sa politique de confidentialité renseigne toujours sur l'usage réel prévu pour vos données de localisation. L'autorité conseille aussi de vérifier régulièrement, dans les réglages du téléphone, la liste complète des applications autorisées à accéder à la position, et de révoquer sans hésiter celles qui n'en ont visiblement plus l'utilité.
Les systèmes d'exploitation permettent d'ailleurs souvent d'aller plus loin qu'un simple oui ou non. Il est généralement possible de choisir entre une localisation précise ou approximative, et de modifier ou retirer ces autorisations à tout moment.
Parmi les autres réflexes à adopter, il peut être bon de désactiver les applications dormantes qui continuent de tourne