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Actualité : IPTV, streaming illégal : Canal+ réclamait 50 000 € par jour et par site pirate, la justice dit non
Canal+ voulait faire payer Cloudflare pour chaque site pirate de F1 et de MotoGP resté accessible en France. Le tribunal judiciaire de Paris a dit non, en s'appuyant sur un chiffre fourni par la chaîne elle-même. Le résolveur DNS 1.1.1.1, lui, continue de répondre sans filtre.
© Jullius - Malgré les blocages ordonnés par la justice, une partie des sites pirates de F1 et de MotoGP visés par Canal+ reste accessible en France.
Canal+ voulait faire payer Cloudflare pour chaque site pirate de F1 et de MotoGP resté accessible en France. Le tribunal judiciaire de Paris a dit non, en s'appuyant sur un chiffre fourni par la chaîne elle-même. Le résolveur DNS 1.1.1.1, lui, continue de répondre sans filtre.
Le 17 septembre 2026, le tribunal judiciaire de Paris a rejeté deux demandes d'astreinte déposées par Canal+ contre l'américain Cloudflare, comme l'a révélé L'Informé. La chaîne réclamait 50 000 euros par jour et par site pirate non bloqué, pour la Formule 1 comme pour le MotoGP, ainsi que 20 000 euros de frais de justice. Elle repart sans rien, avec la possibilité de faire appel.
Tout part de deux jugements du 17 avril 2026. Le tribunal ordonnait alors à Cloudflare d'empêcher l'accès, depuis la France, à 21 noms de domaine diffusant la F1 et à 16 autres retransmettant le MotoGP, en lui laissant le choix de la méthode.
Cloudflare porte deux casquettes. Son CDN relaie et protège des millions de sites. Son résolveur DNS 1.1.1.1, sorte d'annuaire du web, traduit les adresses pour le grand public. L'entreprise a agi sur le premier seulement : un site pirate client de son CDN devient inaccessible en France, les autres restent joignables. Bilan dressé par Canal+ : trois domaines bloqués sur 21 pour la F1, trois sur 16 pour le MotoGP, dont deux revenus en une semaine grâce à un changement de prestataire ou à un site miroir.
Les trois juges retournent contre Canal+ sa propre statistique, un taux de blocage de 72,6 % tiré des conclusions de la chaîne, que le jugement laisse sans lien explicite avec les trois domaines sur 21. Ils y lisent une réelle volonté de coopérer.
Ils s'appuient aussi sur l'arrêt UPC Telekabel de la Cour de justice de l'UE, rendu en 2014 : un intermédiaire technique doit prendre des mesures raisonnables, sans garantie de résultat. Quand un site change de CDN ou ouvre un miroir, il revient à l'ayant droit de saisir le nouveau prestataire et l'Arcom. L'astreinte est donc jugée "ni nécessaire ni proportionnée". Le jugement consigne l'argument de Cloudflare, selon lequel l'architecture de 1.1.1.1 se prête mal au filtrage, sans se prononcer dessus.
À ce jour, Cloudflare n'a bloqué aucun contenu via le résolveur DNS public 1.1.1.1.
Le même rapport recense 1 238 domaines géobloqués en France via le CDN sur la période. Prochain épisode : beIN Sports réclame 580 000 euros d'astreintes à la fondation Quad9, autre résolveur DNS, selon L'Informé.