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La police utilise-t-elle vraiment des boucliers stroboscopiques pour empêcher les journalistes et les citoyens de filmer leurs interventions ?
Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes relèvent l'utilisation de boucliers stroboscopiques lors de la première grande journée de manifestation lycéenne le 6 octobre dernier. Selon eux, ce dispositif est utilisé pour empêcher de filmer les policiers.
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Lors de la première grande journée de manifestation lycéenne à Paris mardi 6 octobre, des agents des policiers ont été vus avec des boucliers stroboscopiques. Ces boucliers émettent des flashs de lumière très vive, blanche ou verte, à la manière d'un stroboscope de boîte de nuit. Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes affirment que ces équipements servent à empêcher de filmer les policiers. C'est notamment le cas de l'eurodéputé LFI Manon Aubry, qui écrit dans un tweet vu près de 700 000 fois : "Alerte : des policiers ont utilisé des boucliers équipés de lumières stroboscopiques surpuissantes pour empêcher journalistes et citoyens de filmer leurs interventions. C'est une grave entrave à l'exercice de la liberté d'information".
Alerte : des policiers ont utilisé des boucliers équipés de lumières stroboscopiques surpuissantes pour empêcher journalistes et citoyens de filmer leurs interventions.
C'est une grave entrave à l'exercice de la liberté d'information.
La police n'est pas une milice, elle doit rendre des comptes.
La mobilisation des lycéens a réuni 450 000 manifestants, selon l'intersyndicale, le ministère de l'Intérieur en recense 256 000
Formulée de cette façon, cette affirmation est fausse. L'objectif de ces boucliers n'est pas d'empêcher les journalistes de filmer la police mais, selon le ministère de l'Intérieur, d'éblouir les manifestants pour les repousser. Il s'agit en fait une nouvelle arme dite "de force intermédiaire", comme les grenades lacrymogènes ou les canons à eau. Le ministère de l'Intérieur nous explique que c'est une expérimentation et que 14 ceintures lumineuses qui peuvent se fixer sur des boucliers ont été distribuées dans plusieurs services de la police et de la gendarmerie nationale.
Les flashs peuvent effectivement gêner la prise de photo ou de vidéo, mais c'est le cas surtout la nuit et pour une personne de face. De jour ou pour des journalistes ou des citoyens placés sur les côtés, il est tout à fait possible d'enregistrer des images de la police équipée de ces boucliers.
Pour le moment, très peu d'agents de la police et de la gendarmerie sont équipés de ces boucliers. Sur les vidéos qui tournent sur les réseaux sociaux, qui datent toutes de mardi 6 octobre, on voit des policiers de la BRAV-M, la brigade de police à moto qui utilisent ce nouvel équipement. D'après nos informations, c'était l'une des premières utilisations sur le terrain de cet équipement. Deux brigades de CRS ont également testés le dispositif à l'entraînement.
Ces boucliers lumineux ne présentent pas de risque de dommages irréversibles pour la rétine car ils fonctionnent avec des ampoules LED. En revanche, ce type de lumière clignotante peut déclencher des crises d'épilepsie chez les personnes photosensibles. Cela concerne 3 à 5% des personnes épileptiques selon l'association Epilepsy Action.
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