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Entre croissance élevée et menace sur l'emploi, le FMI alerte sur la double face de l'IA
L'intelligence artificielle investit nos vies de jour en jour. Mais est-elle vraiment bien utilisée ? Quels en sont les risques ? Emploi, croissance, piratages, la directrice générale du FMI s'exprime sur la question.
Les dépenses consacrées aux infrastructures d'intelligence artificielle contribuent à maintenir la croissance économique mondiale à environ 3 % par an et ce, malgré un prix de l'énergie en hausse constante. C'est ce qu'annonce la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) lors d'une réunion annuelle à Bangkok. Cependant, cette expansion de l'IA est à double tranchant.
Selon les estimations présentées par la dirigeante du FMI, les économies asiatiques qui produisent du matériel informatique dédié à l'IA, à l'image de la Thaïlande, sont celles qui en tirent le plus grand profit. L'impact positif sur la croissance est estimé entre 0,5 et 1 % pour les économies asiatiques les plus développées, et entre 0,2 et 0,8 % pour les économies émergentes.
Ce secteur représente désormais une part importante des échanges internationaux. Les équipements informatiques et matériels technologiques liés à l'IA constituent plus d'un dixième du commerce mondial de marchandises. En dehors des États-Unis, de la Chine et de l'Inde, la majorité des pays moteurs de ce commerce sont des fournisseurs asiatiques de puces électroniques à l'instar de TSMC et ses concurrents.
Les dépenses prévues des acteurs majeurs de la tech dans l'IA s'élèvent de 660 à 690 milliards de dollars pour l'année en cours.
Dans ses perspectives publiées en juillet, le FMI soulignait déjà que la demande en technologies d'IA favorisait les pays exportateurs de produits technologiques. Pendant ce temps, les conflits mondiaux en cours pèsent sur les pays importateurs d'énergie. L'institution prévoyait alors une croissance mondiale de 3 % pour 2026 et doit publier l'actualisation de ses prévisions ce mardi.
Mais voilà, on le sait, l'IA n'a pas que des avantages, elle a aussi pour inconvénient de remplacer certains humains dans leur travail. À cet effet, Kristalina Georgieva a également mis en garde contre les répercussions de l'intelligence artificielle sur le marché du travail. Elle est allée jusqu'à qualifier cette transformation de "tsunami à évolution lente" qui modifiera l'emploi, l'éducation et les modalités de collecte des impôts par les gouvernements.
D'après les analyses du FMI, l'IA affectera à terme environ quatre emplois sur dix dans le monde. La technologie est susceptible d'en améliorer certains emplois, mais également d'en détériorer d'autres, en les rendant inutiles.
L'exposition varie selon le niveau de revenu des pays : environ 60 % des emplois sont concernés dans les pays les plus riches, contre 23 % dans les pays les plus pauvres.
Les jeunes accédant au marché du travail subissent les premiers effets de cette mutation. Certains postes d'exécutant sont réaffectés à des agents IA, bien moins chers et toujours serviables.