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Actualité : “Précisément l’image que je voulais” : ce Français a capturé des éclairs rouges presque invisibles à l’œil nu, sa photo fait le tour du monde
Des tentacules écarlates se dressent au-dessus d'un village perché de Balagne. Le cliché du Français Florian Riou affole les réseaux sociaux, où certains parlent d'invasion extraterrestre. L'explication tient de la physique pure et d'une préparation d'orfèvre : ces flashs ont jailli au-dessus des orages catalans, à des centaines de kilomètres de l'objectif.
© Florian Riou - Des sprites rouges au-dessus de Montemaggiore, en Haute-Corse, le 16 septembre 2026. Ces décharges sont nées au-dessus des orages catalans, à plus de 500 km de là.
Le 16 septembre 2026, un violent épisode orageux s'abat sur la Catalogne. Ce soir-là, Florian Riou, photographe spécialisé dans la haute montagne et les phénomènes naturels, braque son appareil vers le village de Montemaggiore, près de Calvi. Son véritable sujet se trouve au-delà de l'horizon, sur la côte espagnole, entre 500 et 700 km plus loin selon ses estimations. Les sprites s'enchaînent au-dessus de Barcelone, jusqu'à une décharge géante qui inonde son écran de rouge.
Près d'un mois plus tard, l'image fait le tour du web. Des médias ukrainiens aux comptes dédiés aux OVNI, beaucoup la présentent comme une scène de science-fiction.
Les sprites, aussi appelés farfadets ou sylphes rouges, se forment dans la mésosphère, entre 40 et 90 km d'altitude, bien au-dessus des nuages d'orage. Ils répondent aux éclairs positifs les plus intenses entre le nuage et le sol. Leur couleur vient de l'azote, excité par le champ électrique comme le gaz d'un tube fluorescent.
Leur durée se compte en millisecondes. Longtemps cantonnés aux récits de pilotes, ils ont été photographiés pour la première fois le 4 juillet 1989, par des chercheurs de l'université du Minnesota. La Nasa mise aujourd'hui sur les amateurs pour les documenter, via son programme de science participative Spritacular.
Tout se joue sur le recul. Sous l'orage, le nuage masque le spectacle. Il faut donc se placer à plusieurs centaines de kilomètres, sous un ciel limpide jusqu'à la cellule orageuse et loin de toute pollution lumineuse.
Florian Riou a d'abord épluché les modèles de prévision pour anticiper les orages espagnols. Il a ensuite repéré l'orientation exacte qui alignait Montemaggiore avec la zone visée. Il avait déjà réussi l'exercice le 5 juin 2026 dans le parc national des Badlands, aux États-Unis, à 650 km de l'orage, comme il le raconte sur son profil LinkedIn.
Les orages méditerranéens de fin d'été et de début d'automne offrent encore quelques fenêtres aux curieux. Le mode vidéo des boîtiers modernes, qui permet d'isoler l'image exacte du flash, a rendu cette chasse accessible aux photographes aguerris.
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